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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Virginie

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La fée informatique


La nuit était totalement noire. Il était très très tard et tout le monde dormait à poings fermés. Sauf Lucas. Sa fenêtre était la seule à travers laquelle filtrait un peu de lumière, une lumière bleue assez étrange. Celle de l’écran de l’Ordinateur. En ce moment même, Lucas était agenouillé devant la grosse machine grise et les mains jointes, il semblait adresser une prière à une idole vénérée.
- Je t’en supplie, murmurait- il à l’adresse du disque dur, débloque-toi, immédiatement. C’est une question de vie ou de mort, tu comprends ?
De grosses larmes roulaient sur les joues du petit garçon, mais l’Ordinateur ne se laissa pas attendrir pour autant.
- S’il te plaît, pleurnicha Lucas de plus belle, je t’en prie, fonctionne de nouveau. Je ferai tout ce que tu voudras en échange, c’est promis.
La machine ne répondit rien. De gros sanglots secouèrent alors les épaules de l’enfant, et il s’allongea de tout son long sur la moquette de sa chambre. Il resta longtemps dans cette position, et il allait sûrement attraper une crampe lorsqu’un éclair de génie lui traversa l’esprit. Se remettant brusquement à genoux, Lucas leva les yeux vers le ciel et recommença à prier.
- Je vous en supplie, veuillez entendre mon vœu, il est très important, venez tout de suite à mon secours, Mademoiselle…Mademoiselle la Fée Informatique.
Un éclair illumina brièvement la pièce. Légèrement ébloui, le petit garçon cligna deux ou trois fois des yeux, avant de regarder autour de lui curieux de savoir si sa prière avait été entendue. Mais la chambre était vide, totalement vide. Déçu, l’enfant s’apprêtait à s’étendre de nouveau sur le sol, lorsque…
- Lucas ! Lucas ! Je suis ici ! cria une petite voix, en partie couverte par le ronronnement de l’Ordinateur.
- Où ça « ici » ? interrogea le petit garçon à voix basse.
- Mais…ici, voyons ! A l’intérieur !
L’enfant se tourna soudainement vers la machine. C’est alors qu’il la vit, derrière l’écran : une minuscule petite bonne femme affublée de deux ailes bleutées qui semblaient vibrer tant elles battaient vite. Lucas approcha son visage de l’Ordinateur, afin d’être certain qu’il ne rêvait pas. Mais la petite Fée avait l’air bien réel. D’ailleurs, elle lança au garçon :
- Ecarte-toi, j’arrive !
L’enfant s’exécuta. Reculant de quelques pas, il alla se blottir derrière une chaise sur laquelle s’empilait une montagne de vêtement. Un second éclair illumina la chambre tandis que la Fée semblait traverser l’écran à la vitesse d’une fusée.
- Ce n’est pas possible, murmura Lucas en quittant l’abri que lui offrait la chaise.
Pourtant, ses yeux ne l’avaient pas trompé. La minuscule créature ailée se trouvait à présent dans la chambre du petit garçon, et elle semblait assez contente d’elle-même.
- Waouh, s’exclama-t-elle en époussetant vigoureusement sa petite robe bleue et rose, ça décoiffe drôlement de sortir de là-dedans. Et pourtant, c’est la première fois que j’y arrive sans casser quelque chose. Alors Petit, raconte-moi ! Il paraît que tu m’as appelé à propos d’un problème de la plus haute importance, je ne me trompe pas ?
Lucas secoua la tête, incapable de prononcer un mot. Il était devenu pâle comme un linge et dévisageait à présent la Fée avec l’air d’une poule qui a trouvé un couteau.
- Pourquoi fais-tu cette tête ? s’inquiéta son interlocutrice en ouvrant de grands yeux.
- Qui…qui…qui…êtes…v…v…vous ? lui demanda le petit garçon en bégayant.
- Mais…, s’étonna-t-elle, je suis la Fée Informatique, évidemment ! Tu m’as bien appelée, n’est-ce pas ?
Lucas la rassura d’un signe de tête, puis expliqua en rougissant :
- C’est que…je ne savais pas que vous existiez réellement.
La Fée manqua s’étouffer devant cet aveu.
- Comment ça tu ne savais pas que j’existais ! Pourtant tu m’as supplié, tu t’es mis à genoux pour me prier d’exaucer ton vœu !
Le petit garçon, gêné, se tortilla sur place en regardant ses pieds avec application.
Bon, après tout, ce n’est pas si grave, continua la Fée en haussant les épaules, l’important est que je sois là et que je puisse t’aider, non ?
L’enfant opina du chef.
- Oui, oui, renchérit-il, j’ai absolument besoin de votre aide. C’est une question de vie ou de mort, vous comprenez ?
- Explique-toi, lui demanda son interlocutrice en souriant.
- Eh bien…vous voyez l’Ordinateur ? Son écran est tout bleu, il est complètement bloqué. Mais il faut absolument qu’il se remette à fonctionner normalement ou les conséquences pourront être très très grave.
La Fée lut parfaitement la détresse et l’urgence dans les yeux du petit garçon. Elle n’hésita pas une seconde. Sans même demander plus d’explication, elle saisit la main de l’enfant et l’entraîna vers l’écran bleu.
- C’est parti, mon kiki, hurla-t-elle en fonçant vers la paroi de verre.
Lucas, qui la suivait malgré lui, ferma les yeux en voyant l’écran approcher à toute allure de son visage.
« Au secours, pensa-t-il en se préparant au choc ».
Mais celui-ci ne vint pas. Il y eu juste un PLOP sonore suivi d’un éclair, et quand le petit garçon rouvrit les yeux, il se trouvait à l’intérieur de l’écran, ou plutôt dans une immense pièce d’un bleu très lumineux. A ses côtés , la Fée, qui était à présent plus grande que lui, se recoiffait devant un petit miroir qu’elle avait tiré de sa poche.
- Alors, lui lança-t-elle sans cesser de se lisser les cheveux, on commence par où ?
Lucas la regarda d’un air stupéfait.
- Mais…, lui répondit-il avec un sourire un peu inquiet, je n’en sais rien. C’est vous la Fée, non ?
- Bien sûr, soupira cette dernière, mais je ne la connais pas, moi, ta machine. Il faut que tu me dises où se trouve le programme qui s’est bloqué.
- Ah, d’accord ! s’exclama le petit garçon, soudain rassuré, je comprend ! C’est très facile, il faut trouver un dossier nommé « Lucas ». A l’intérieur, il y a un fichier que j’ai appelé…euh… « Trahison mortelle ». C’est ce programme là qui ne répond pas.
- Très bien, le remercia la Fée, ça me suffit amplement. Maintenant, le seul vrai problème va être de sortir d’ici, car l’écran semble bien bloqué. Or, ce n’est pas ici que l’on va pouvoir y faire quelque chose.
Elle commença à faire lentement le tour de la pièce bleue, et poussa soudain un petit cri de satisfaction.
- Voilà la sortie, annonça-t-elle fièrement à Lucas.
Celui-ci s’approcha de la paroi concernée et écarquilla les yeux. Au bout de quelques secondes, il distingua enfin de très fines et longues fissures dans le mur, preuve que ce dernier devait s’ouvrir, à la façon d’une porte. La Fée entreprit d’ailleurs de pousser sur la paroi, dans l’espoir de la déplacer. Mais cela en vain.
- Rien à faire, pesta-t-elle en abandonnant au bout de quelques dizaines de secondes, cette porte est complètement coincée. Il va falloir employer un autre moyen.
Elle commença alors à sautiller sur place, sous les yeux d’un Lucas éberlué qui se demanda si la Fée n’était pas brusquement devenue folle.
- Euh…, osa-t-il demander au bout de quelques instants, vous exécutez une danse rituelle féerique ?
La Fée émit un gloussement.
- Mais…non…voyons, parvint-elle à répondre entre deux sautillements, je…cherche…ma…baguette.
Au moment où elle prononçait ces mots, quelque chose tomba de sa robe et rebondit sur le sol avec un petit bruit métallique.
- Ah, la voilà, s’exclama la Fée avec un grand sourire aux lèvres.
Elle se tourna vers Lucas et lui fit un clin d’œil.
- Je la range toujours trop bien, lui confia-t-elle à voix basse, et après…impossible de mettre la main dessus, finit-elle en riant à moitié.
Elle ramassa sa baguette, une fine tige de métal savamment tordue, et vint se placer face à la porte récalcitrante.
Je pensais que les baguettes magiques étaient toutes en bois, s’étonna le petit garçon en s’avançant de quelques pas.
- C’est d’un démodé ! s’exclama la Fée avec une moue de dédain. Le métal, c’est bien plus chouette de nos jours. Maintenant, recule un peu, je ne voudrais pas qu’il t’arrive quelque chose.
Lucas obéit et vit alors quelques étincelles sortir de l’extrémité de la baguette.
- Badaboum, hurla la Fée de toute la force de ses poumons.
Il y eut une terrible explosion, suivie d’un épais nuage de fumée qui fit tousser Lucas et lui amena les larmes aux yeux. Inquiet, le petit garçon fit quelques pas vers l’emplacement de la porte, tandis que la fumée se dissipait tout autour de lui. Au bout d’environ une minute, il aperçut enfin la Fée. Assise à même le sol, le visage noirci, elle se passait la main dans les cheveux, lesquels avaient à présent la couleur du pain brûlé. Lorsqu’elle entendit Lucas s’approcher, elle se tourna vers lui avec un sourire hilare.
- Marrant, n’est-ce pas ? demanda-t-elle au petit garçon qui lui avait saisi la main pour l’aider à se redresser.
« Marrant » n’était pas exactement le mot dont se serait servi Lucas pour qualifier l’explosion, aussi se borna-t-il à demander :
- Vous…vous utilisez souvent cette formule pour régler vos problèmes ?
- Oh, non, lui répondit la Fée en époussetant sa robe défraîchie, là, j’improvisais.
Et sur ces mots qui ne rassurèrent guère le petit garçon, elle s’avança vers le trou noir qui se trouvait maintenant à la place de la porte bloquée.
- C’est du beau travail, se félicita-t-elle elle-même en passant de l’autre côté.
Lucas la suivit immédiatement, peu désireux de se perdre dans son propre Ordinateur.
- Ouh, qu’il fait sombre, ici, entendit-il sur sa gauche. Aïe ! Lucas ? Es-tu là ? Donne-moi la main s’il te plaît, il faut à présent que nous nous rendions dans le disque dur.
- Et comment va-t-on y aller ?demanda le petit garçon en cherchant à tâtons la main de la Fée.
- Comment ? Mais en passant par les fils électriques, pardi !
Elle attendit que Lucas ait saisi sa main et leva sa baguette vers le ciel.
- Eudéheffe, murmura-t-elle avant d’abaisser la fine tige de métal vers leurs deux mains liées.
Le petit garçon sentit alors tout son corps fourmiller. Des petites étincelles bleues le parcoururent à toute vitesse avant qu’il ne se transforme, lui aussi, en énergie électrique. Il se sentit alors aspiré très rapidement par quelque chose de lointain et commença à voyager dans le fil électrique. C’était assez amusant, presque plus que les montagnes russes pendant les fêtes foraines.
- Terminus, tout le monde descend, cria alors la Fée à tue-tête.
Lucas sentit son corps reprendre forme, et, quelques instants plus tard, il redevint un petit garçon, tout ce qu’il y a de plus normal. Si on exceptait, évidemment, le fait qu’il se promène dans un ordinateur. Et avec une Fée, en plus.
Le petit garçon regarda autour de lui avec attention. Il se trouvait à présent dans une grande pièce blanche, ou plutôt dans un couloir interminable le long duquel s’alignaient des dizaines et des dizaines de portes jaunes. Sur la première, il était écrit « Msoffice », en grosses lettres noires. Sur la seconde, « Documents Papa ». Lucas poussa un soupir de soulagement.
- C’est bon, on y est, s’écria-t-il en souriant de bonheur. Il ne reste plus qu’à trouver le dossier « Lucas » et on sera presque arrivé.
Il commença à courir le long des portes mais s’arrêta net au bout de quelques secondes.
- Un problème ? lui demanda la Fée qui était restée en arrière.
- Ouuiiiiii, gémit le petit garçon, passant brusquement de l’euphorie au désespoir, c’est…c’est cette porte. Dessus, il y a marqué « Documents Papa »,…comme sur l’autre. Ce n’est pas normal, n’est-ce pas ?
- Ah, ça, non, ça m’étonnerait. D’autant plus que sur la deuxième porte, il y a maintenant marqué « Comptes travail Maman ». J’ai l’impression que les dossiers se déplacent tout seuls, et ça ne va pas nous faciliter la tâche.
- Qu’est-ce qu’on va faire, alors ? pleurnicha Lucas en baissant la tête. On en a pour des heures à retrouver mon dossier, et alors il sera trop tard et tout sera fichu !
La Fée s’approcha de lui et passa son bras autour de ses épaules.
- Ne t’inquiète pas, le rassura-t-elle, je vais arranger cela. Laisse faire une professionnelle et tout ira bien.
Elle remonta le couloir jusqu’en haut et observa attentivement le haut des murs.
- Ah, voilà ce que je cherche, murmura-t-elle en levant sa baguette.
Au-dessus de la première porte, une petite pancarte portait l’inscription « Nom ». La Fée essaya de l’atteindre, mais il lui manquait quelques centimètres pour pouvoir la toucher de sa baguette.
- Je n’y arrive pas, haleta-t-elle, le visage crispé par l’effort.
Lucas se demanda si elle le faisait exprès ou bien si elle était vraiment aussi étourdie qu’elle le paraissait.
- Vos ailes, finit-il par lui rappeler, elles doivent bien servir à quelque chose, non ?
La Fée tourna vers lui un visage aussi ravi que surpris.
- Bien sûr, s’exclama-t-elle en souriant, je n’y avais pas pensé !
En un clin d’œil, elle se trouva face à l’inscription sur laquelle elle appuya du bout de sa baguette. Alors, avec un CLAC CLAC CLAC sonore, tous les dossiers se rangèrent par ordre alphabétique avant de s’immobiliser définitivement.
- Et voilà le travail ! claironna la Fée en se dirigeant vers la lettre « L ». Tu viens, Lucas ?
Ce dernier la suivit jusqu’à la porte marquée « Lucas ».
« On va enfin savoir pourquoi mon programme est bloqué » pensa-t-il en poussant le battant jaune.
Il fut vite renseigné, en effet. A peine avait-il passé la porte qu’il aperçut d’affreuses bestioles vertes en train de s’attaquer au fichier « Trahison mortelle ».
- Des virus ! hurla-t-il horrifié.
- Des virus ? Mince ! s’écria la Fée en commençant à sautiller sur place d’un air inquiet.
Au loin, les virus avaient cessé de s’intéresser au fichier. En revanche, ils s’avançaient maintenant vers eux avec un air qui ne présageait rien de bon.
- Dépêchez-vous, s’affola le petit garçon en jetant un regard pressé à la Fée. Mais…que faites-vous ? Inutile de chercher votre baguette, voyons, elle est dans votre main !
- Ce n’est pas ma baguette que je cherche, expliqua la Fée en sautillant de plus belle, mais mon livre de magie. Si je ne le trouve pas, nous devrons uniquement compter sur la vitesse de nos jambes.
- Comment ça ! s’indigna Lucas. Vous voulez dire que vous ne savez pas comment faire disparaître un virus !
- Ben…non, pas encore. Moi, je sors tout juste de l’école de magie, mais j’étais absente le jour où on a étudié les virus.
C’est à ce moment là qu’un lourd grimoire tomba de sa robe et lui atterrit sur le pied.
- Aïeaïeaïeaïe, hurla-t-elle tandis que le petit garçon se saisissait du livre.
Après un rapide coup d’œil à la table des matières, il trouva la bonne page et la parcourut rapidement.
- Vite ! Criez très fort Nauretonne, ordonna Lucas à la Fée qui se massait le pied à travers sa chaussure.
- Nauretonne.
- Mais non, avec la baguette !
- Nauretoooooooonne !
Il y eu une succession d’éclairs rouges, et au bout de quelques secondes, les virus disparurent. Il était temps ! Déjà, l’un d’eux s’était attaqué à la chaussure de la Fée, y laissant une traînée de bave verte qu’elle essuya avec un mouchoir rose.
Lucas, fou de joie, sautait partout à travers la pièce.
- Est-ce que je peux lancer mon programme, maintenant, demanda-t-il à la Fée.
- Bien sûr, lui répondit-elle, puisque c’est si important. Et puis comme ça, tu me diras s’il marche et je pourrai partir.
Attrapant le petit garçon par le bras, elle lui tapota la tête de sa baguette avant de le pousser en avant.
- Eeeeehhhh, cria Lucas qui se sentit traverser l’écran…pour finalement atterrir sur sa chaise.
Derrière la paroi transparente, la Fée lui sourit en agitant les bras et les ailes. Le petit garçon lui rendit son salut, puis se saisissant de la souris, il double-cliqua sur le fichier « Trahison mortelle ». A son grand soulagement, celui-ci s’ouvrit immédiatement, et Lucas put rapidement s’occuper du grave problème qui le tourmentait depuis maintenant plus d’une heure. Lorsque ce fut fait, il quitta l’application, soulagé. La Fée vit à son visage que tout s’était bien passé, et elle se décida enfin à demander :
- Au fait, c’était quoi ce problème « très très grave » ?
- C’était vraiment super important, lui répondit Lucas avec fougue. Vous voyez, j’avais créé un jeu en début de soirée, un jeu de combat très perfectionné avec tout plein de méchants et de décors effrayants. Le problème, c’est que tout s’est bloqué avant que je puisse sauvegarder, et ça aurait complètement disparu si j’étais arrivé un peu plus tard.
La Fée, les bras croisés sur la poitrine, regardait le petit garçon avec l’air d’une poule qui a trouvé comment se servir du couteau.
- Une question de vie ou de mort, hein ? grommela-t-elle avant d’exploser. Non mais, tu ne te rend pas compte ! J’ai risqué ma vie, moi, pour t’aider, alors que tout ce qui t’inquiétais, toi, c’était la survie de quelques monstres virtuels ! Tu n’as pas honte ?
Lucas, la regarda avec tristesse. Il avait pourtant cru que elle, la Fée Informatique, comprendrait pourquoi sa programmation avait tant d’importance pour lui. Elle lui avait demandé tellement d’heures de travail !
La Fée regarda, un peu gênée, le visage de l’enfant sur lequel de grosses larmes commençaient à rouler. Un peu honteuse de lui avoir infligé tant de peine, elle reprit la parole d’une voix plus douce.
- Tu sais, Lucas, lui avoua-t-elle avec un demi-sourire, ce n’est pas si grave, en fait. Je suis même plutôt contente que tu m’ais appelé, cette nuit. Grâce à toi, j’ai trouvé l’occasion d’apprendre à combattre les virus ! Et puis…on s’est plutôt bien amusé, non ?
Le petit garçon acquiesça et sécha ses larmes.
- Bon, reprit alors la Fée, je crois que je vais devoir m’en aller, maintenant, puisque tout va bien. Il y a sûrement plein de gens qui ont besoin de mes supers pouvoirs.
Lucas allait l’approuver lorsque, tout d’un coup, il se figea. Les mots « supers pouvoirs » avaient réveillé le petit génie en programmation informatique qui sommeillait en lui. D’un geste de la main, il fit signe à la Fée de ne pas quitter l’Ordinateur. Puis il rouvrit « Trahison mortelle » et cliqua sur « numériser ». La petite créature ailée apparut alors sur un décor effrayant de couleur rouge sang.
- Que…que se passe-t-il ? demanda-t-elle au petit garçon qui l’observait d’un air ravi.
- Tu viens de devenir l’héroïne de mon nouveau jeu, lui apprit-il. Félicitations !
Sur ces mots, il éteint l’Ordinateur et alla se coucher. Comme un gentil petit garçon.
La Fée, abasourdie, resta immobile jusqu’au moment où elle vit un énorme dromadaire enragé la charger à la vitesse d’une fusée.
« Je crois que je me suis faite avoir » pensa-t-elle rapidement avant de se mettre à courir.

Pendant ce temps-là, Lucas dormait. Comme un gentil petit garçon.

Fin.

 

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