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Sauvez la, Andromède ! « Mirabeau » a été crée il y a une dizaine d'années. On nous avaient lancé une sorte « d'invitation obligatoire ». Le 1er janvier 3518, nous nous rendîmes tous à New York, petit village à l'est de l'Amérique. On nous chargea alors d'une mission extraordinaire : construire un vaisseau spatial. « Un vaisseau spatial ? avait lancé un des invités, vous vous moquez de nous ? -C'est vrai, avait renchérit un autre, il en existe une petite centaine de milliers et vous nous convoquer de cette façon pour nous annoncer çà ? » Les remarques n'avaient pas été très appréciées. Mais les organisateurs avaient repris : « Il ne s'agit pas de n'importe quel vaisseau. Il devra mesurer environ un kilomètre carré. -Un kilomètre carré ?! -Ce sera le vaisseau qui sera chargé de transporter nos troupes à la conquête d'Andromède. » Un terrible silence avait suivi. Andromède ? Voulaient-ils bien parler de cette lointaine galaxie habitée par des êtres que nous n'avons jamais rencontré ? « La conquête d'Andromède ne vous regarde pas. Vous êtes juste chargés de construire ce vaisseau, il faut qu'il soit près dans quinze ans. -Quinze ans !? Mais ce n'est même pas le temps que nous avons pris pour rejoindre Brest et New York par le Pont des Anges ! -Je ne vous parle pas d'un pont mais d'un vaisseau qui va mesurer un kilomètre carré, et que vous allez construire en quinze ans ! Fin de l'histoire pour vous. » Encore aujourd'hui, penché sur un bout des quartiers est de ce fameux engin, je me souviens de cette réunion qui avait bouleversé ma vie. Je ne pouvais pas avertir ma famille. Ce dossier était classé ultra-secret. Et maintenant, les ouvriers et les scientifiques formaient une véritable famille. Nous étions en parfaite harmonie, et douze ans après la réunion, nous avions déjà un résultat satisfaisant. Je révisais les conditions d'ouverture des portes de l'intérieur à l'aile est. Un petit disfonctionnement se faisait ressentir dans le coulissement des portes. Mon ami Thierry arrivait en courant, l'air heureux. « Que se passe-t-il ? lui demandais-je. -Viens voir ! répondit-il en m'entraînant déjà. -Que se passe-t-il ? » Il ne répondît pas à ma question. Je le suivais. Il se dirigeait vers les quartiers nord. Il ouvrit une petite vingtaine de portes avant d'arriver là où il voulait. Je ne me plaignais pas, de toute façon, j'étais chargé de la révision des portes, c'était fait. Mais je fus surpris de ce que j'avais devant moi. Une espèce de tour de verre, remplie de toutes sortes de fils de toutes les couleurs. Je restais un moment émerveillé. « Qu'est-ce ? Demandai-je ahuri. -La Centrale, me répondit Thierry. Les fils que tu vois sont toutes les commandes de ce vaisseau. -Incroyable ! -Le démarrage, l'atterrissage, les tirs, les commandes intérieures, tout est ici. Ainsi que le Bouton Rouge. -Le Bouton Rouge ? A quoi sert-il ? » Personne ne me répondit. J'interrogeais chacun des ouvriers présents du regard. Finalement, Thierry me dit : « Nous espérons que personne autre que nous ne le saura un jour. »
J'étais curieux de cette réplique, que voulait-elle bien dire ? Ce qui était bien évident, c'était qu'il ne fallait surtout pas y toucher. Ignorant alors le Bouton Rouge, je me concentrai sur la tour de verre pendant que tout le monde sortait. Mais je le voyais, il était là, à gauche, planté en bas de la tour, il n'y avait qu'à appuyer le pied dessus.
Tout à coup, une lueur blanche envahit toute la salle. Je me cachai les yeux. Soudain, j'entendis : « Bonjour Octave. » Je regardai à présent. Au milieu de la lueur blanche, un petit être d'un mètre environ était apparu. Il avait une grosse cervelle, une sorte de longue jupe à la place des jambes et deux immenses bras. Mais comment connaissait-il mon nom ? Pire encore, comment était-il arrivé ici ? « Bon. Bonjour, répondis-je. -Alors c'est comme çà que sont les Terriens, dit-il d'un air observateur. -Eh bien.oui. -Mmh. -D'où venez-vous ? -On m'avait prévenu de çà aussi, il faut toujours qu'ils posent les questions en premier, comme si poser des questions informait plus qu'y répondre. -Ah, euh., si vous le dites. -Je ne suis qu'une image, donc je te préviens tout de suite, si tu appelles les tiens, je disparaîtrai immédiatement, et tu passeras pour un idiot. -Effectivement. -Je ne vais pas passer par quatre chemins. Je m'appelle µ*6 et je viens de la galaxie d'Andromède. -An.Andromède ? -Oui, tu sais, l'immense galaxie plantée dans l'univers que vous projetez d'envahir. -Ah.Ah ! Oui.Oui. » L'être me contempla. Son attitude me semblait bizarre. Que faisait-il là ? Pourquoi paraissait-il presque gentil alors que nous allions l'envahir ? « Je suis triste, dit-il enfin. -Ah ? Euh. -Triste à l'idée que tous les habitants d'Andromède devront disparaître. Les femmes, les enfants. -Vous. Vous avez des femmes et des enfants ? demandais-je un peu surpris. -Oui, nos femmes sont aussi belles que le fleuve qui coule au milieu d'une forêt, et nos enfants sont aussi joyeux et joueurs que les oiseaux qui palpitent dans le ciel. Chaque planète à Andromède est une étoile propre et saine. Des étoiles qui scintillent tellement qu'elles éclairent tout l'univers. La votre est tellement sale que sa lumière ne parviendra même pas jusqu'à votre Lune. -Si vous le dites. -Les Terriens peuvent sûrement être des gens biens, mais je vous en prie, nous le sommes aussi. Laissez-nous notre liberté, laissez nos enfants parcourir chacune de ses étoiles scintillante librement, laissez nos femmes aimer les hommes chaque fois qu'elles en ont envie. Laissez notre nature propre. Car jusqu'à maintenant, pas une goutte de sang n'a été versée, ne verser pas les premières. Observez Andromède comme un havre de paix jamais souillé, qui éclaire l'univers, ne privez pas le monde de cette lumière. C'est la seule requête d'un homme qui espère continuer à rentrer chez lui tout par les champs, les forêts, et savoir que jamais le sal ne s'est posé là où il met les pieds. » Je baissai les yeux. Une larme de honte glissait le long de ma joue. Je relevai les yeux pour savoir ce que je devais faire, mais il n'était plus là. La lueur commençait à s'estomper. Je ne réfléchis pas plus longtemps. Je me levai, ôta ma chaussure et appuya lentement sur le Bouton Rouge. Alors, les fils se détruisirent, je sentis dans tout le vaisseau les fils qui se cassaient. Le vaisseau était en train de se détruire. J'entendis alors des pas précipités. Thierry et les autres entrèrent alors. J'étais toujours là, le pied sur le Bouton Rouge. Thierry détourna les yeux. Les autres m'emmenèrent.
DEUX ANS PLUS TARD
Je n'avais même pas pu opposer des arguments face à ma culpabilité. J'étais coupable. Ils disaient, coupable d'avoir anéanti le plus grand projet de tout les temps. Car on ne pourrais plus jamais, ou pas avant très longtemps, recommencer une telle entreprise. Les fonds qui avaient été déboursés avaient été énormes. Mais je ne pensais pas aux fonds. Je pensais à µ*6, ses femmes, ses enfants, sa nature. Je n'allai me faire guillotiné qu'avec cette pensée dans la tête. La foule me regardait, me huait. Mais je mourrai le cour propre. Alors que le bourreau levait sa hache, comme dans le Vieux Temps, une lueur blanche commençait à apparaître. Le bourreau refaisais alors tomber sa hache, mais la lueur blanche m'enveloppa et le repoussa. Je vis alors apparaître, des femmes embrassant des hommes, des enfants joyeux courant comme les oiseaux, et un sol comme de l'eau pure. Fin.
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