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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Southeast Jones

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Le pim était presque parfait


- Qu’est ce que c’est ? fit Challenger.
- C’est un pim.
Challenger considéra le professeur Doom d’un œil sceptique, - un quoi ?
- Un pim, un portail inter monde.
- Et ça sert à quoi ?
- C’est un translateur dimensionnel, une espèce de téléporteur, enfin je crois…
- Vous croyez ? Bon sang Doom, quand perdrez vous cette détestable habitude de construire tous ces…machins, vous ignorez la plupart du temps à quoi ils servent ! Montrez-moi les plans, nous allons vérifier ça ensemble.
- C’est que…il n’y a pas de plan…
-Pas de… un de ces jours, vous allez faire sauter la planète !
- Mais je l’ai testé, ça fonctionne, d’une certaine manière…j’y ai placé des objets et de petits animaux, ils ont tous disparus, peut-être à des millions d’années lumières d’ici.
- Qu’est ce qui vous dit que vous n’avez pas inventé une sorte de désintégrateur ?
- Non, ils ne sont pas détruits, ils sont…ailleurs. En général, je sais à quoi servent mes créations, le problème est que je ne sais pas toujours comment elles fonctionnent, je suis un scientifique instinctif, quand je commence, je suis capable de travailler des jours durant en ne prenant même pas la peine de me nourrir.
Challenger se souvenait très bien de cet incident, deux ans plus tôt on avait dû l’arracher à son laboratoire et l’emmener à l’hôpital, affamé, déshydraté et totalement épuisé, un médecin avait lâché que s’il était resté deux jours de plus il serait probablement mort. Il fabriquait un moteur, ceux qui l’avaient examiné pensaient que c’était un extracteur quantique fonctionnant sur l’énergie du vide, avec un tel moteur, on aurait théoriquement pu déplacer une planète.
Quelqu’un dans le département fut trop pressé de l’essayer.
Il n’y eut pas vraiment d’explosion, il y avait là un gigantesque site de recherche et deux accélérateurs de particule, cinq mille personnes y travaillaient en permanence, tout disparut en un millionième de seconde, pas de bruit ni de souffle, aucun cratère, nulle trace de radioactivité, comme si rien ne s’était passé, comme si rien n’avait existé.
Lorsque Doom revint de l’hôpital, il fut enrôlé de force, mis au secret et interrogé, mais l’armée dut très vite se rendre à l’évidence, le lien était cassé, il ne se souvenait de rien. Faute de plans, d’archives quelconques, il fut relâché, depuis, ils gardent sur lui un œil attentif, du moins ils essayent car quand il s’aperçut que son labo était truffé de mouchards, il entra dans une rage indescriptible, vociférant qu’il était patriote et que c’était une grave atteinte à sa vie privée, que dans ces conditions il refusait de travailler, que…le soir même, un homme très calme et très courtois lui fit comprendre que s’il ne s’exécutait pas, on lui couperait les crédits, qu’on ne doutait pas en haut lieu qu’il fut un bon américain, mais comprenez-nous cher monsieur, si vous ne travaillez pas pour nous, il est possible que certaines personnes vous proposent de venir le faire chez eux, et cela bien sûr nous ne pouvons nous le permettre…
La menace était à peine voilée, faites tout ce que vous voulez, mais faites-le pour nous, un accident est si vite arrivé…
De mauvaise grâce, il se plia aux exigences du ministère de la défense mais ne manqua jamais
de rappeler son désaccord aux nombreux observateurs qu’on lui envoyait.
Rufus Doom était un homme impossible à analyser, fonctionnant comme un ordinateur, il n’était pas seulement capable de construire, il « voyait » les schémas et ses mains, comme des outils de haute précision, façonnaient au millimètre près les objets conçus dans son sommeil. Il souffrait depuis toujours d’une forme étrange de narcolepsie qui, loin de l’handicaper, faisait de lui un être d’exception. Par quel extraordinaire phénomène son cerveau endormi entrait-il en contact avec cette mystérieuse banque de données universelle, certains pensaient que tel une sangsue il absorbait la connaissance de l’humanité, d’autres l’imaginaient infecté par une entité extraterrestre, peut-être même n’était-il pas humain ? Cet homme effrayait et fascinait, Challenger ne savait pas ce qu’il était mais il l’aimait bien.
- Il y a du café frais sur le bureau, vous avez faim ?
- Je suis affamé mais cela peut attendre, il faut absolument savoir où le pim a envoyé tous ces objets…avant ma prochaine crise.
- Vous avez pensé à une balise ? Quelque chose qui inverserait le programme et …il s’interrompit, Doom s’était endormi. Il grimaça, la journée risquait d’être longue.
S’il ne trouvait pas comment faire fonctionner le pim, celui-ci se retrouverait dans un hangar aux cotés de toutes les inventions inutilisables de ce génial chercheur. Un jour peut-être lointain, un homme viendrait dans cette véritable caverne d’Ali Baba, son cerveau souffrant de la même anomalie serait capable d’appréhender les subtilités de ces machines improbables.
Que peut-on faire d’un miniaturisateur si l’on oublie la sacro-sainte loi de la conservation de la masse, il retint de justesse un éclat de rire en pensant à ce char d’assaut de la taille d’une boite d’allumettes et pesant plus de trente tonnes. Il le revoyait disparaissant dans le sol trop meuble, le général Kingsley qui hurlait au sabotage en s’arrachant les quelques cheveux qui lui restaient…ou ce synthétiseur qui intégrait une certaine gamme d’infrasons dans sa palette, Mozart déstabilisait la structure du béton, Verdi quand à lui faisait bouillir les liquides quels qu’ils soient…on avait pas osé tester d’autres compositeurs ! Il pouffa comme un gosse, un jeune laborantin le regarda fugacement, il prit un air digne, rajusta sa cravate et haussa les épaules, la science pouvait être amusante parfois, ou tragique…
L’épisode du moteur à extraction quantique de sinistre mémoire, n’était qu’un parmi tant d’autres, qui dans le personnel autorisé ne frissonnait encore au souvenir du vaccin universel, des nanomachines en suspension dans une solution saline, très efficaces, elles traquaient et éradiquaient les plus virulents virus, le sujet traité retrouvait une santé extraordinaire l’espace de quelques minutes, avant d’être lui-même considéré comme une infection et de se transformer en un infâme brouet protoplasmique.
En y réfléchissant bien, aucune de ses inventions n’avaient vraiment fonctionné, il était temps de renverser la vapeur. Il envoya rapidement un mail à sa femme, lui disant qu’il restait au labo et prévint le central qu’on ne le dérange sous aucuns prétextes.
Cela fait, il enleva sa veste et regarda le pim.
C’était un assemblage de fils et de transistors divers raccordés à ce qui ressemblaient à des condensateurs et des tubes à vides, tout ce fatras hétéroclite (Doom avait probablement disséqué la moitié du matériel dans la plupart des laboratoires pour obtenir ce dont il avait besoin et avait usiné le reste lui-même) aboutissait au cœur du pim, un caisson métallique vaguement cubique d’où émanait un froid glacial. Quatre antennes soudées entre elles formaient une manière de pyramide mobile et, posé sur le bureau, un pupitre de commande.
Du bout de son tournevis, il écarta prudemment un câble pour découvrir un panneau sur le cœur, une simple pression sur le coté lui permit de l’enlever.
A l’intérieur, c’était le noir absolu, comme une négation de la lumière, et cela dégageait une impression de puissance terrifiante. Qu’utilisait-il comme énergie ? L’absence totale de luminosité (aucun objet dans l’univers n’est réellement opaque) le mettait mal à l’aise, il n’aurait quand même pas osé…
Quatre heures d’analyses confirmèrent ses soupçons, le cœur qui alimentait le pim était un micro trou noir contenu dans un champ de force, mais où étaient les bobines à induction, pour générer un tel champ, il aurait fallu une installation qui aurait beaucoup de mal à tenir dans un immeuble de dix étages. Le froid qui entourait le cœur lui gelait les doigts, aux alentours du vortex, il devait être proche du zéro absolu. Il n’en saurait pas plus avant d’en avoir discuté avec Doom, quelle folie de croire qu’il pouvait sans risque apprivoiser un tel monstre, était-ce de l’inconscience ou un manque total d’humilité ?
Retour à la case départ, murmura-t-il en s’assoyant.
Il sortit de sa poche une cigarette, joua avec entre ses doigts et dérogeant au plus élémentaires règles de sécurité, l’alluma. Il relut pour la millionième fois le panneau sur le mur qui disait « enceinte à sécurité maximum, défense de fumer », il avait conscience d’encourir un blâme,
mais il était près de minuit et il y avait peu de chance qu’on le surprenne. Comme un gosse, pensa-t-il, comme un gosse.
La pointe de la pyramide était dirigée sur un socle recouvert d’aluminium, l’aire de départ ? Il fallait bien un isolant quelconque pour poser la cible. Il se prit à rêver, et si pour une fois…
Il secoua la tête, ce serait merveilleux, des mondes à profusion, les plus grands physiciens s’accordaient à reconnaître l’existence des mondes parallèles, la pluralité dimensionnelle était depuis longtemps démontrée sur le papier, Doom allait-il ouvrir la voie à un nouveau genre d’exploration ? Il prit une pomme dans la corbeille et la déposa sur le socle, le fonctionnement du pim était très simple, deux boutons, le premier analysait la structure moléculaire de la cible et le deuxième l’envoyait… mais où l’envoyait-elle ?
Il s’attendait à une sorte de rayon, mais rien ne sortit du « canon », le fruit disparut simplement dans un fracas de tonnerre. Il ne fut nullement surpris, c’était assez logique, la pomme occupait un certain volume dans l’espace-temps, à l’instant de son départ (sa destruction ?), il y eut soudainement un vide anormal, la nature avait bruyamment remis les choses à leur place. Il réitéra l’expérience trois fois, à quoi bon, il était impossible de savoir où disparaissaient les objets, encore moins de les ramener. En l’état, cette invention ne valait pas un clou, peut-être un nouveau moyen d’exécution ? Avec quelques dictatures, les Etats-Unis restaient l’un des derniers pays où l’on pratiquait encore la peine de mort. Les gardiens de la démocratie ! Quelle ironie s’ils envoyaient la lie de la société vers un nouvel éden !
Comment savoir ce qu’il y avait de l’autre coté… une idée folle germait dans son esprit, il en trembla d’excitation… et de peur.
L’aire de départ (à défaut d’un autre nom) faisait environ deux mètres carrés, de quoi y mettre pas mal de matériel, Doom avait-il essayé d’envoyer plusieurs objets à la fois ? Des objets différents en taille et en structure, bien sûr. Il disposa pêle-mêle la dernière pomme, une cigarette, une bobine de cuivre et quelques vieux papiers, pour couronner le tout, il ajouta le petit terrarium et sa colonie de fourmis. Nerveux, il actionna la commande. Tout disparut presque instantanément, il essuya d’un revers de manche la sueur qui perlait à son front, cela n’avait-il pas été plus lent ? Il aurait du chronométrer, mais le temps pressait s’il voulait… Il se mit à genoux, cherchant la moindre trace de résidus, rien, absolument rien, il était intimement persuadé qu’à l’instant du départ, même la plus misérable des bactéries était volatilisée.
Il se releva, sa décision était prise, c’était insensé, suicidaire, mais rien ne le retenait vraiment dans ce travail, dans ce monde. Son existence lui semblait fade, monotone, le site (comme la plupart des centres de recherches) dépendait en grande partie du ministère de la défense, contrairement à Doom, il n’avait jamais été dupe, l’armée avait un droit de regard sur TOUT ce qui se réalisait ici. De la cantine aux commodités, parfois même jusqu’au domicile de certains chercheurs oeuvrant sur des sujets sensibles, BIG BROTHER n’était jamais vraiment loin. Le profit et la puissance, c’est tout ce qui intéressaient ces messieurs du gouvernement, il savait de source sûre que le remède contre le sida dormait dans un coffre quelque part en Alaska, l’alternative au pétrole se déclinait en quatre formules différentes, dont un essais prometteur sur la mythique fusion froide, l’ADN d’une certaine variété de lichen était stocké du coté de Moonpig, une petite bourgade du Mississipi dont la seule richesse était une mine de bauxite en fin de vie, cent fois plus nutritif que la meilleure barre protéinée utilisée par les astronautes, il s’adaptait à n’importe quel biotope et croissait à une vitesse phénoménale, mis en circulation, il pourrait chaque année sauver plusieurs millions de personnes de la famine…la liste était interminable et incroyablement déprimante.
Qui cela intéressait-il ?
Il se sentit soudain très fatigué, inutile.
Karin et lui n’était plus sur la même longueur d’onde depuis longtemps, qu’avait-elle vu en lui, qu’avait-elle espéré, rêvé ? Il n’avait pu répondre à ses attentes, lui, calme et réservé, voué à son travail, peu enclin à la vie mondaine, et elle, belle à couper le souffle, intelligente et fantasque, croquant la vie à pleines dents…et vingt ans de moins que lui.
Ceci expliquait-il cela ? Elle cumulait les aventures, sa collection d’amant était impressionnante, elle dévorait, non, elle dégustait leur cœur, buvait leur âme comme un grand vin pour rejeter ensuite une ombre d’homme, marquée, perdue à jamais.
Pourquoi n’arrivait-il pas à lui en vouloir, et d’ailleurs, l’aimait-il encore ?
Non, vraiment, peu de choses le retenaient réellement.
Il se rappela une vague plaisanterie entendue à la cantine, « Des chercheurs qui cherchent, il y en a à la pelle, quant aux chercheurs qui trouvent… »
Doom avait découvert un principe, restait à l’étayer.
Cent mètres plus bas se trouvait un espace de près d’un kilomètre carré où l’on testait les conditions de vie en milieux martien, il y avait là du matériel qui l’intéressait…
Il fit le tour des labos avec l’amusante impression de faire son shoping, comparant la qualité et la solidité d’une caméra ou d’un enregistreur, au passage il emporta des rations de survie dans la réserve. Il franchit le point de non-retour en fracturant l’armoire d’un garde, il n’avait jamais aimé les armes mais prit néanmoins le petit pistolet qu’il fourra en hâte dans un grand sac qu’il avait trouvé dans les vestiaires. L’horloge indiquait quatre heures quand il se permit de souffler.
Il contempla son « butin », à peine deux tiers de l’aire de départ était occupé, s’il en avait eu le temps, il aurait certainement pris d’autres choses, un compteur Geiger eut été utile, une boussole… Qu’importe, il avait toutes les chances de ne pas revenir, la question ne se posait pas s’il se matérialisait au cœur d’une étoile ou dans les profondeurs d’un océan, l’idée de la mort ne l’effrayait pas spécialement, il est dans la nature de l’homme d’être mortel, cela concède une qualité certaine à sa vie, de même qu’une préciosité et une importance extrême dans la trame compliquée de l’existence. Pour le citoyen ordinaire, le plus intolérable n’est certes pas sa fin qu’il sait inéluctable mais le fait qu’un jour infiniment lointain, l’humanité et TOUTES formes de vie disparaîtront de l’univers.
Prévenir quiconque de ce qu’il s’apprêtait à faire lui semblait inutile, les services secrets se lanceraient à sa recherche, Karin, Doom et pas mal de ses collègues seraient interrogés longuement, sans ménagement. Il s’expliquerait s’il avait la chance de revenir (ce dont il doutait). Le scaphandre ressemblait à une petite capsule spatiale équipée de quatre bras et de deux énormes jambes, il ouvrit le panneau dorsal et y plaça les réserves d’eau et de nourriture, après réflexion, il ajouta aussi le pistolet. Il brancha la minuterie hâtivement bricolée, vérifia une dernière fois l’arrivée d’oxygène, entra et enclencha la fermeture automatique.
Les commandes n’étaient guère plus compliquées que celles d’un petit bimoteur, un halo bleu pâle régnait à l’intérieur, il jugea préférable de conserver le filtre jusqu’à l’arrivée.
- Départ dans…quarante cinq secondes, sa voix était étrangement calme, je m’apprête à partir pour… en fait, je n’en sais foutre rien, merde, je fumerais bien une cigarette !
Le fil magnétique n’enregistrait pas seulement sa voix mais aussi son pouls, sa respiration ainsi que toutes les fonctions actives du scaphandre. Trente secondes … il avait chaud, trop chaud, un coup d’œil au thermomètre le rassura, tout était normal, affreusement normal.
Il était simplement mort de trouille !
Deux bras secondaires empoignèrent sans efforts plus de soixante kilos de bagages, il ne tenait pas à disperser son précieux matériel.
Quinze secondes… - Putain, je dois être cinglé, murmurât-il.
Il avait soif, non, faim…il fallait qu’il pisse, nom de dieu, il devait sortir de là !
Cinq secondes…
Il lui sembla recevoir un énorme coup de massue en pleine figure, il réalisa soudain où il était vraiment et ce qui allait se passer…il aurait voulu…
Trois secondes…deux…
C’était trop tard, plus rien n’avait désormais d’importance…il ouvrit la bouche pour hurler mais il n’avait plus de bouche…
L’aire de départ était vide.
Bien sûr il fut activement recherché, il avait volé un scaphandre de vingt millions de dollars, ce prototype n’avait même pas encore de nom, de plus il était armé et peut-être dangereux…
Bien sûr, on questionna son entourage, Doom en prit pour son grade, n’était-il pas la dernière personne à l’avoir vu ? Ils étaient amis, de bons amis, il semblait inconcevable que…
Et puis, comment avait-il réussi à sortir près d’une demi tonne de matériel sans que quiconque ne donne l’alerte ? Des têtes allaient tomber !
On le retrouva deux semaines plus tard en Amazonie, il errait depuis plusieurs jours sur une route en construction, il avait les yeux hagards et délirait, visiblement victime d’un violent choc émotionnel. Il fut rapidement rapatrié et placé sous bonne garde.
Rufus Doom était à son chevet lorsqu’il s’éveilla.
- Doom ? C’est bien vous ?
- Oui, c’est bien moi, calmez vous, vous ne risquez plus rien. Comment vous sentez vous ?
- Fatigué, où suis-je ?
- Dans l’aile médicale d’une base militaire, quelque part en Arizona, je n’ai pas d’autres précisions, j’ai fais le voyage avec un masque sur les yeux, on se croirait dans un mauvais polar, ricanât-il. J’ai du faire des concessions ainsi que quelques promesses à des gens que j’exècre pour me retrouver ici. Mais où diable étiez vous passé ?
- Vous ne le savez vraiment pas ?
- J’en ai une vague idée, vous avez déliré, vous marmonniez quelque chose à propos du pim et puis vous vous mettiez à rire comme un fou… vous pouvez vous vanter de m’avoir fait peur.
- Le pim… j’étais en Amazonie ou en équateur n’est-ce pas ? Il me semble avoir reconnu certaines essences, vous saviez que la botanique est une de mes marottes ?
- Le pim, que c’est-il passé, qu’avez-vous fait ?
- Mon ami, vous êtes un génie, je ne sais pas encore si on forcera les portes dimensionnelles avec cet engin, mais une chose est certaine, avec quelques ajustements, peut-être une balise de type G.P.S., on pourra « cibler » la zone d’arrivage, imaginez un vaste réseau de pims un peu partout sur la terre… ensuite, la lune, les planètes et plus tard, les étoiles…
- Je ne comprends pas…
- Le pim fonctionne, il n’ouvre pas les dimensions comme vous le pensiez, c’est encore mieux que ça, grâce à vous, l’univers est désormais à notre portée.
- Un téléporteur !
Challenger éclata de rire.
- Qu’il y a-t-il d’amusant ?
- Rien mon ami, je viens de me souvenir de ce je que disais à propos du pim, cette phrase à rythmé mes pas, c’est elle qui me faisait tenir…je répétais probablement ces mots dans mon délire.
- Que disiez vous donc ?
- Le pim était presque parfait !
Et de nouveau, son rire tonitruant explosa dans la chambre, il résonna longuement jusqu’au fond du couloir.


Fin.

 

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