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Crime
génétique - Cest peu dire. QUEL MONDE POURRI ! - Quoi quil en soit ce fut fait, pour mon plus grand malheur. Le vieillard se referma. Les souvenirs étaient douloureux et la douleur détruisait le psychisme de lhomme. Bien que Jenard crut que la crise était importante, lhomme se reprit, et repris. - Exactement un an et deux mois plus tard, arriva alors, non pas le destin mais lhorreur. Cétait juste le temps quil avait fallut pour que lapplication des lois soit devenue monnaie courante. Mais pas assez hélas pour que lon se rende compte quelles étaient dictées par des esprits sectaires aveuglés par leurs opinions personnels. Nous avions voulut jouer à Dieu, il était temps quil reprenne les dès en main pour la prochaine partie. Vous savez, dit-il en sapprochant de Jenard le regard illuminé, le pire des rôles est celui du sacrifié, car pour le comble de son malheur il doit souffrir pour servir dexemple. Les larmes perlèrent sur ses joues ridées. - Peut-être voulez-vous quon en reste là professeur ? OUI, ARRETONS CETTE MASCARADE RIDICULE AVANT QUE JE NE PÊTE UN PLOMB. - Non, non, ça ira, je tiendrais jusquau bout, au moins une dernière fois avant Le vieillard se reprit, difficilement, puis continua son récit. « Elles elles sont mortes dans le célèbre attenta qui détruisit une partie de laéroport de Singapour. Elles étaient alors en transit. » - Je ne savais pas que cétait en cette occasion. QUEN AS-TU A FAIRE ? - Celle-ci ou une autre. Le résultat fut que tout ce qui restait de ma famille était un ftus de quatre semaine récupéré dans le corps peu endommagé de ma femme. Normalement, selon les nouvelles lois ce ftus devait être détruit, sans aucune possibilité de recours. Ce fut fait, dans les délais impartis, mais bien sûr javais copié le code génétique. - Ca ne vous posait pas de problème que le véritable ftus fut détruit ? FERME TA GUEULE. - Je nai jamais considéré quun ftus de trois semaines avait quelque chose à voir avec un être humain, alors lui ou sa copie, je nai jamais vu la différence. Bien sûr un enfant nest pas quun code génétique, il subit durant sa croissance ftale linfluence de sa mère, mais comme je savais que cela je ne laurais plus, jai fait un choix. Ou alors tout ceci nest que verbiage, et cest tout simplement la folie de mon chagrin qui ma fait accommoder mes considérations philosophiques à ma convenance. - Jadmets ne pas savoir comment je réagirais dans une telle situation. IMBECILE, TU DEVIENDRAIS SIMPLEMENT FOU COMME LUI. - Vous ne pouvez limaginer, il ny a que lorsque lon a perdu quelque chose que lon se rend compte de sa valeur. Ma femme et ma fille étaient merveilleuses, mon chagrin incommensurable. Quoi quil en soit javais sauvé quelque chose, et je maccrochais à cela, il fallait bien que je maccroche. Jattendis donc quon ne fasse plus attention à moi, puis environ trois ans après le drame, je cherchai une femme qui accepterait de porter mon enfant. Je lai facilement trouvé, grâce à largent évidemment. Le vieillard arbora un sourire diabolique en disant cela. « Et forcément, il y a eu un hic, il y a toujours un hic. A trois mois de la grossesse, la banque de données génétiques a repéré la similitude entre les deux codes. » - Mais pourquoi avait-il gardé le code dun ftus détruit ? TU LE SAIS TRES BIEN, ARRETE DE LE RELANCER. - En fait cela dérivait aussi des nouvelles lois. Mais javoue que moi-même je navais pas pensé que ça irait jusque là. Il on en fait extrapolé certaines directives. Il faut avouer que cette époque était très restrictive, le monde était tombé dans une telle décadence quil faut avouer quil navait peut-être pas le choix, si ce nétait dagir avant, mais ça il ne le font jamais. Quoi quil en soit la femme fut avortée, et lon détruisit toutes mes archives afin dêtre sûr que le code fut détruit. Après un jugement qui se devait exemplaire, lon me retira tous titres et diplômes, ainsi que tout droit civique. Puis, je fis un séjour en prison dont je sortis totalement détruit, physiquement et psychiquement, quoi quà ce niveau jétais déjà bien atteint. Je navais plus quà reconstruire une nouvelle vie. - Cela na pas dû être facile. VAS-Y, SOIT COMPATISSANT MAINTENANT. - Pire que ça. Mais ce nétait rien à coté de ma tristesse, et durant toutes ces années je nai pensé quau moyen de retrouver une trace de ma femme et de ma fille. Alors bizarrement, tandis que mes études mavaient amené à ne plus voir les plantes et les fleurs comme de simples éléments biologiques et chimiques, je fus amené à les aimer de nouveau tel de magnifiques êtres vivants. Ainsi, au fur et à mesure, je me suis reconstruit une situation sociale grâce à un travail de jardinier professionnel. Et puis le jardinier trouva du travail dans lun des plus grands laboratoires construit par la main de lhomme, et il se souvint alors quil fut lun de nos plus grand scientifique. En fait, comme vous avez du le deviner, javais depuis le début caché un autre double du code. Bien sûr, il était bien à labri. Jai dailleurs eu moi-même du mal à le récupérer. Enfin soit, certain quici je pourrai vivre tranquille avec le seul être important pour moi... Lhomme se perdit de nouveau dans ses pensées, avant de reprendre. « Cela a duré cinq ans, et je lai soigné avec tout mon amour. Bien sûr je me suis rendu compte de labomination que cétait. Mais que voulez-vous, cest ma fille. De plus sil ny avait pas eu la restructuration de la vieille partie de la station, on ne laurait jamais trouvé. Jespère que cela ne vous a pas trop choqué de la voir ? - Disons que voir le résultat du croisement entre un être humain et une plante ma donné quelques nausées. Dun autre point de vue le résultat est assez intéressant. MENTEUR ! TU NAS PAS DORMIE PENDANT DEUX JOURS ET TA CONSOMMATION DENDORPHINE A DOUBLE DEPUIS ! - Que voulez-vous, jai pris ce que javais sous la main pour servir de support au code génétique. Je voulais tellement savoir à quoi ressemblait mon enfant. Cela na pas été évident mais la science a tellement progressé. - Oui, trop peut être. TROP SÛREMENT ! - Cest le genre de question que jai décidé de ne plus me poser. Sinon, il vous a fallu longtemps pour découvrir que jétais le responsable de ceci. - Personnellement je ne suis sur laffaire que depuis un mois. Personne navait pensé à ce quil sagit dun code original. Les théories penchaient pour une expérience pirate dont le but était plutôt flou. Mais en examinant le code génétique de la ch De votre enfant, jai constaté quil était des plus banal, quon ny avait pas retiré les classiques tares génétiques. Or ce nest pas du tout le profil des A.D.N. utilisés dans des expériences, qui sont toujours très sélectionnés pour éviter tout ennuis. Alors jai eu lidée de consulter la banque mondiale de données génétiques, pour voir si ce code nétait pas connu. Le reste fut une question de temps, de recherche et de déduction. - Quallez vous faire maintenant ? Le vieillard regardait Jenard sans peur, il avait retrouvé cette plénitude quenviait Jenard. - Que voulez-vous que je fasse, je vais prévenir mon supérieur de mes conclusions. - Allez-vous le faire de suite ou avez-vous quelque chose à faire auparavant ? - Disons quofficiellement je ne suis jamais venu ici. - Dans ce cas vous ne men voudrez pas de vous faire mes adieux ? Les deux hommes se serrèrent la main. Lémotion qui circula alors entre eux deux était réel et intense, malgré les protections quavait essayé de tendre Jenard pour se protéger. - Adieu docteur Dolèn, jespère que vous ne souffrirez pas. - Adieu cher docteur, et ne vous inquiétez pas, les plantes nont aucun secret pour moi. De plus il y a longtemps que je pense à la mort pour me libérer de ma folie. Le docteur Jenard se leva et partit en laissant le vieil homme derrière lui, sachant quil était la dernière personne à le voir vivant. Cette rencontre lavait profondément troublé et navait fait quaccentuer sa schizophrénie. Néanmoins, il sentait quun bouleversement était en train de se produire en lui, un bouleversement qui pouvait le sortir de cette vie insipide et destructrice sil avait le courage de prendre une nouvelle voie. Mais à linstant présent, il ne cessait de presser sur sa paume et de se délectait de la sensation de bien être produite par lendorphine. Il sentait sa conscience du monde se dissiper tandis quil repartait vers son poste de travail, pour redevenir le misanthrope docteur en biochimie qui le dégouttait tant. Il allait rejoindre les plantes, ces plantes dont la vie ne passait pas par la nécessité de penser.
FIN. |
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