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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Sef

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Crime génétique
(2/2)

- C’est peu dire. QUEL MONDE POURRI !

- Quoi qu’il en soit ce fut fait, pour mon plus grand malheur. Le vieillard se referma. Les souvenirs étaient douloureux et la douleur détruisait le psychisme de l’homme. Bien que Jenard crut que la crise était importante, l’homme se reprit, et repris.

- Exactement un an et deux mois plus tard, arriva alors, non pas le destin mais l’horreur. C’était juste le temps qu’il avait fallut pour que l’application des lois soit devenue monnaie courante. Mais pas assez hélas pour que l’on se rende compte qu’elles étaient dictées par des esprits sectaires aveuglés par leurs opinions personnels. Nous avions voulut jouer à Dieu, il était temps qu’il reprenne les dès en main pour la prochaine partie. Vous savez, dit-il en s’approchant de Jenard le regard illuminé, le pire des rôles est celui du sacrifié, car pour le comble de son malheur il doit souffrir pour servir d’exemple. Les larmes perlèrent sur ses joues ridées.

- Peut-être voulez-vous qu’on en reste là professeur ? OUI, ARRETONS CETTE MASCARADE RIDICULE AVANT QUE JE NE PÊTE UN PLOMB.

- Non, non, ça ira, je tiendrais jusqu’au bout, au moins une dernière fois avant… Le vieillard se reprit, difficilement, puis continua son récit. « Elles… elles sont mortes dans le célèbre attenta qui détruisit une partie de l’aéroport de Singapour. Elles étaient alors en transit. »

- Je ne savais pas que c’était en cette occasion. QU’EN AS-TU A FAIRE ?

- Celle-ci ou une autre. Le résultat fut que tout ce qui restait de ma famille était un fœtus de quatre semaine récupéré dans le corps peu endommagé de ma femme. Normalement, selon les nouvelles lois ce fœtus devait être détruit, sans aucune possibilité de recours. Ce fut fait, dans les délais impartis, mais bien sûr j’avais copié le code génétique.

- Ca ne vous posait pas de problème que le véritable fœtus fut détruit ? FERME TA GUEULE.

- Je n’ai jamais considéré qu’un fœtus de trois semaines avait quelque chose à voir avec un être humain, alors lui ou sa copie, je n’ai jamais vu la différence. Bien sûr un enfant n’est pas qu’un code génétique, il subit durant sa croissance fœtale l’influence de sa mère, mais comme je savais que cela je ne l’aurais plus, j’ai fait un choix. Ou alors tout ceci n’est que verbiage, et c’est tout simplement la folie de mon chagrin qui m’a fait accommoder mes considérations philosophiques à ma convenance.

- J’admets ne pas savoir comment je réagirais dans une telle situation. IMBECILE, TU DEVIENDRAIS SIMPLEMENT FOU COMME LUI.

- Vous ne pouvez l’imaginer, il n’y a que lorsque l’on a perdu quelque chose que l’on se rend compte de sa valeur. Ma femme et ma fille étaient merveilleuses, mon chagrin incommensurable. Quoi qu’il en soit j’avais sauvé quelque chose, et je m’accrochais à cela, il fallait bien que je m’accroche. J’attendis donc qu’on ne fasse plus attention à moi, puis environ trois ans après le drame, je cherchai une femme qui accepterait de porter mon enfant. Je l’ai facilement trouvé, grâce à l’argent évidemment. Le vieillard arbora un sourire diabolique en disant cela. « Et forcément, il y a eu un hic, il y a toujours un hic. A trois mois de la grossesse, la banque de données génétiques a repéré la similitude entre les deux codes. »

- Mais pourquoi avait-il gardé le code d’un fœtus détruit ? TU LE SAIS TRES BIEN, ARRETE DE LE RELANCER.

- En fait cela dérivait aussi des nouvelles lois. Mais j’avoue que moi-même je n’avais pas pensé que ça irait jusque là. Il on en fait extrapolé certaines directives. Il faut avouer que cette époque était très restrictive, le monde était tombé dans une telle décadence qu’il faut avouer qu’il n’avait peut-être pas le choix, si ce n’était d’agir avant, mais ça il ne le font jamais. Quoi qu’il en soit la femme fut avortée, et l’on détruisit toutes mes archives afin d’être sûr que le code fut détruit. Après un jugement qui se devait exemplaire, l’on me retira tous titres et diplômes, ainsi que tout droit civique. Puis, je fis un séjour en prison dont je sortis totalement détruit, physiquement et psychiquement, quoi qu’à ce niveau j’étais déjà bien atteint. Je n’avais plus qu’à reconstruire une nouvelle vie.

- Cela n’a pas dû être facile. VAS-Y, SOIT COMPATISSANT MAINTENANT.

- Pire que ça. Mais ce n’était rien à coté de ma tristesse, et durant toutes ces années je n’ai pensé qu’au moyen de retrouver une trace de ma femme et de ma fille. Alors bizarrement, tandis que mes études m’avaient amené à ne plus voir les plantes et les fleurs comme de simples éléments biologiques et chimiques, je fus amené à les aimer de nouveau tel de magnifiques êtres vivants. Ainsi, au fur et à mesure, je me suis reconstruit une situation sociale grâce à un travail de jardinier professionnel. Et puis le jardinier trouva du travail dans l’un des plus grands laboratoires construit par la main de l’homme, et il se souvint alors qu’il fut l’un de nos plus grand scientifique. En fait, comme vous avez du le deviner, j’avais depuis le début caché un autre double du code. Bien sûr, il était bien à l’abri. J’ai d’ailleurs eu moi-même du mal à le récupérer. Enfin soit, certain qu’ici je pourrai vivre tranquille avec le seul être important pour moi... L’homme se perdit de nouveau dans ses pensées, avant de reprendre. « Cela a duré cinq ans, et je l’ai soigné avec tout mon amour. Bien sûr je me suis rendu compte de l’abomination que c’était. Mais que voulez-vous, c’est ma fille. De plus s’il n’y avait pas eu la restructuration de la vieille partie de la station, on ne l’aurait jamais trouvé. J’espère que cela ne vous a pas trop choqué de la voir ?

- Disons que voir le résultat du croisement entre un être humain et une plante m’a donné quelques nausées. D’un autre point de vue le résultat est assez intéressant. MENTEUR ! TU N’AS PAS DORMIE PENDANT DEUX JOURS ET TA CONSOMMATION D’ENDORPHINE A DOUBLE DEPUIS !

- Que voulez-vous, j’ai pris ce que j’avais sous la main pour servir de support au code génétique. Je voulais tellement savoir à quoi ressemblait mon enfant. Cela n’a pas été évident mais la science a tellement progressé.

- Oui, trop peut être. TROP SÛREMENT !

- C’est le genre de question que j’ai décidé de ne plus me poser. Sinon, il vous a fallu longtemps pour découvrir que j’étais le responsable de ceci.

- Personnellement je ne suis sur l’affaire que depuis un mois. Personne n’avait pensé à ce qu’il s’agit d’un code original. Les théories penchaient pour une expérience pirate dont le but était plutôt flou. Mais en examinant le code génétique de la ch… De votre enfant, j’ai constaté qu’il était des plus banal, qu’on n’y avait pas retiré les classiques tares génétiques. Or ce n’est pas du tout le profil des A.D.N. utilisés dans des expériences, qui sont toujours très sélectionnés pour éviter tout ennuis. Alors j’ai eu l’idée de consulter la banque mondiale de données génétiques, pour voir si ce code n’était pas connu. Le reste fut une question de temps, de recherche et de déduction.

- Qu’allez vous faire maintenant ? Le vieillard regardait Jenard sans peur, il avait retrouvé cette plénitude qu’enviait Jenard.

- Que voulez-vous que je fasse, je vais prévenir mon supérieur de mes conclusions.

- Allez-vous le faire de suite ou avez-vous quelque chose à faire auparavant ?

- Disons qu’officiellement je ne suis jamais venu ici.

- Dans ce cas vous ne m’en voudrez pas de vous faire mes adieux ? Les deux hommes se serrèrent la main. L’émotion qui circula alors entre eux deux était réel et intense, malgré les protections qu’avait essayé de tendre Jenard pour se protéger.

- Adieu docteur Dolèn, j’espère que vous ne souffrirez pas.

- Adieu cher docteur, et ne vous inquiétez pas, les plantes n’ont aucun secret pour moi. De plus il y a longtemps que je pense à la mort pour me libérer de ma folie. Le docteur Jenard se leva et partit en laissant le vieil homme derrière lui, sachant qu’il était la dernière personne à le voir vivant. Cette rencontre l’avait profondément troublé et n’avait fait qu’accentuer sa schizophrénie. Néanmoins, il sentait qu’un bouleversement était en train de se produire en lui, un bouleversement qui pouvait le sortir de cette vie insipide et destructrice s’il avait le courage de prendre une nouvelle voie. Mais à l’instant présent, il ne cessait de presser sur sa paume et de se délectait de la sensation de bien être produite par l’endorphine. Il sentait sa conscience du monde se dissiper tandis qu’il repartait vers son poste de travail, pour redevenir le misanthrope docteur en biochimie qui le dégouttait tant. Il allait rejoindre les plantes, ces plantes dont la vie ne passait pas par la nécessité de penser.

FIN.

 

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