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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Seby

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Retour aux sources.
(2/2)

Les aventuriers empruntèrent quelques habits qui les attendaient dans des tiroirs afin de mieux se confondre avec la population de cette époque. Le changement était radical pour ces deux scientifiques qui avaient toujours vécus avec une très grande technologie, les voitures ne volaient pas, les gens payaient encore en liquide, en chèque ou carte de crédit, en fait les services numériques et robotiques n’en étaient encore qu’à leur aire primaire. Ils firent tous deux un petit tour en ville afin de contempler ce à quoi ressemblerait leur avenir et ils ne furent pas déçus. La violence était le seul moyen de s’exprimer ou de vivre dans les quartiers les plus démunis, les deux aventuriers durent se servirent de leurs armes sur quelques jeunes délinquants qui leurs cherchaient des ennuis. Et ils furent satisfaits de se rendre compte par eux-même qu’une fois les délinquants mis hors d’état de nuire, aucune force de l’ordre ne vint les chercher, comme si les policiers voulaient se débarrasser de ces jeunes voyous ou même, comme s’ils avaient abandonné ces quartiers et n’y faisaient plus une seule intervention. S’amuser c’est très bien mais ils n’étaient pas venus rien que pour cela, il fallait travailler à présent. Les deux touristes demandèrent à plusieurs jeunes qu’ils trouvèrent sur leur passage s’ils connaissaient quelqu’un qui pourrait leur vendre un ordinateur, une parabole, la C. B. la plus puissante qu’il ait en stock et une voiture pour transporter tout le matériel. Ils durent attendre une bonne heure avant qu’un jeune ne réussisse à leurs dégoter tout ce qu’ils désiraient, et rien ne manqua à l’appel, tout était là. Ils le payèrent en liquide, grâce à l’argent emprunté et retournèrent dans leur maison d’accueil pour y installer tous leurs achats. Ils dévièrent ainsi les fonctions de la parabole afin qu’elle devienne émettrice au lieu réceptrice, ils l’installèrent en directions du ciel, visant n’importes quels satellites de télécommunications, y connectèrent la télévision, un magnétophone, l’ordinateur, la C.B. et branchèrent les deux plus grandes inventions de Natum : la machine à suggestion subliminale et le traducteur mondial instantané sur cette dernière. Tout le matériel était en place, il ne leur restait plus qu’à l’utiliser. Nicky brancha les nombreuses prises au secteur lorsque quelqu’un ouvrit à l’aide d’une clé la porte d’entrée. Natum attrapa immédiatement son pistolet paralysant, tous deux sautèrent se cacher derrière un canapé puis ils attendirent que la famille de vacanciers soit bien rentrée dans leur domicile.

– Qu’est-ce que c’est que tout ce bordel ? Lança le père de famille surpris.

– C’est à qui tout ça ? Demandèrent les enfants qui suivaient leur père et leur mère.

– Je vous souhaite la bienvenue chez vous, déclara Nicky en se relevant, j’espère que vos vacances ont été bonnes et que vous en avez bien profité.

– Qui êtes-vous ? Interrogea la mère.

– N’ayez aucune crainte de nous. Nous ne faisons que passer.

– Oui et vous allez vite dégager d’ici, menaça le père, sinon…

– Il n’y a pas de sinon.

Natum se releva à son tour, brandit le pistolet paralysant vers la famille et tira, quatre rayons lasers de couleur orange s’écrasèrent sur les corps et se développèrent sur toute la surface afin de les recouvrir entièrement, tel une momie. Toute la famille resta figée, elle ne bougeait plus, les yeux grands ouverts, ils étaient enrobés de cette étrange substance gluante qui s’écoulait lentement pour terminer sa course sur le sol.

– Qu’est ce que c’est que ce truc ? Interrogea Nicky. Je n’en ai jamais entendu parlé.

– C’est normal, je l’ai terminée il n’y a pas longtemps et je dois te confier que c’est la première fois que je la teste sur de la matière organique, vu que l’on avait pas le droit aux cobayes avant et je constate qu’elle fonctionne bien.

– Comment est-ce que cela fonctionne ?

– C’est simple, le faisceau laser que tu as vu partir est en fait une sorte de glue compactée qui se développe dés qu’elle a atteint sa cible, à partir du cerveau puis le reste du corps.

– Combien de temps tient-elle ? Demanda t’il en regardant sa montre.

– Une bonne demi-heure et il ne sert à rien de chronométrer, il y a en quelque sorte un compte à rebours. Quand la substance se sera totalement écoulée, la victime sortira de son sommeil. Il faut savoir que le cerveau est le dernier organe qu’elle quitte… Je déposerai le brevet quand on en aura fini avec notre mission et je t’en offrirais un exemplaire.

– C’est trop aimable mon cher.

La mission allait bientôt être terminée, Natum alluma la machine à suggestions subliminales et le reste de l’équipement, son collègue s’empara du micro et commença un discours qui sera immédiatement traduit dans la langue des pays qui recevront le message et, évidemment, dans une version que seul le subconscient pourra capter.

– Toi ! Commença t’il. L’habitant de cette merveilleuse planète, à partir de maintenant tu aimeras ton prochain, tu lui fourniras toute ton aide s’il en a besoin, tu le considéreras comme ton frère, tu ne haïras plus jamais personne et tu aimeras ce monde et tout ce qui s’y trouve.

Nicky éteignit le micro et demanda à son ami ce qui se passerait désormais, il le savait très bien mais il désirait l’entendre de sa bouche afin d’être rassuré.

– Ton speech a été automatiquement enregistré et accepté par ceux qui l’ont reçus. Dorénavant, ils s’aimeront les uns et les autres pour le reste de leur vie et leurs futurs enfants, qui ne l’ont pas entendu et qui ne l’entendront pas, éprouveront le même sentiment que nous avons ressentis un matin en nous réveillant et à ce moment, ils en auront marre de toute cette gentillesse et voudront se distraire un peu. Et nous, nous aurons le souvenir de tout ce qui s’est passé mais nous réapparaîtrons dans un monde libre, à notre véritable époque.

– Reprend ton matériel, il est temps de rentrer.

Les deux aventuriers laissèrent ce qu’ils avaient acheté aux vacanciers qui se défigeaient lentement puis ils retournèrent là où ils étaient arrivés la première fois et refirent un voyage temporel mais cette fois-ci, en sens inverse.

De retour à leur époque, rien avait changé, le labo était là, exactement dans le même état et avec les mêmes installations que le jour où ils l’avaient laissé. Le magnétophone qui avait servit à enregistrer les explications du docteur Nicky était présent, il gisait à l’endroit précis où le scientifique l’avait posé.

– Rien a bougé ici, déclara Natum, il faut que nous nous rendions compte nous-même si notre mission s’avère être un succès ou un échec.

– Et pour cela il faut sortir du labo, nous devons aller faire un petit tour en ville.

La déception était absolue, la mission était complètement ratée, il n’y avait aucune guerre, aucune bagarre, le regard des personnes qu’ils croisaient exprimaient un amour incomparable, un amour inhumain.

– Ca a été une véritable défaite, commenta Nicky, désormais les gens s’aiment à cause de nous, les suggestions que nous leurs avions envoyés ont traversé les siècles, comme si elles étaient devenues une sorte de maladie contagieuse et héréditaire. Il faut que nous y retournions.

– Et pour faire quoi ? Repris Natum. Au départ la paix a été imposée à cause de la guerre et maintenant c’est nous qui leurs avons évité cette guerre en leur offrant cette paix qu’ils auraient de toute façon acquis tôt ou tard. Il semble que quoiqu’il arrive, l’amour finit par prendre le dessus, comme si c’était écrit et que rien ne pourrait l’effacer.

– J’ai peut-être une idée, annonça son ami en regardant le ciel, il faut que nous y retournions, je t’expliquerais une fois là-bas.

Les deux voyageurs temporels réutilisèrent la machine afin de revenir dans le temps, cette fois-ci, Nicky régla l’horloge sur le 1 août 2010, quelques jours avant que la famille de vacanciers ne rentre. Ils ouvrirent la porte de l’engin, empruntèrent les escaliers de la cave, pénétrèrent sans se cacher dans la maison, pas la peine de jouer aux espions vu qu’ils sont persuadés que les habitants ne sont pas là, puis ils refirent les gestes et les actes qu’ils avaient déjà effectués. Ainsi ils revolèrent de l’argent caché dans le coffre de la chambre des parents, ils achetèrent le même matériel à la même personne qui leurs avait vendu, elle n’était pas difficile à trouver parce qu’elle trafiquait toujours dans le même quartier, puis ils installèrent les instruments dans le salon de la maison qu’ils venaient de re-squatter. Natum brancha tous les câbles et demanda enfin quel était le plan :

– Tu vas me prouver à quel point tu es un scientifique brillant. Ta machine à suggestions subliminales, tu vas faire en sorte que mes paroles s’annulent quelques années avant notre époque d’origine.

– Il y a déjà cette option ! Mais pourquoi n’y ai-je pas pensé avant ?

– Comment cela ? Que veux-tu dire ?

– En fait, ma création devait avant tout servir dans les supermarchés, c’était top secret. Imagine que dès que tu te trouves à l’intérieur d’un magasin Vipôles, tu ais la soudaine envie d’acheter ce que l’on désire te vendre, et cela même si tu n’as pas besoin de ce produit…

– Je croyais que cette pratique était formellement interdite.

– Oui, pour cela que le PDG des magasins Vipôles voulaient que ma création ait une limite dans le temps, afin que le client oublie qu’il vient d’acheter quelque chose et lorsqu’il le découvre chez lui, il veuille le redonner au supermarché et donc se le faire rembourser.

– Je ne vois pas l’astuce.

– En fait, les supermarchés Vipôles ne remboursent pas et lorsque le client revient, il éprouve la soudaine envie de racheter un nouveau produit, et ainsi de suite.

– Quel est le rapport avec mon idée ?

– Je te l’ai dis, au bout d’un certain temps, la victime de mon invention éprouve le sentiment contraire à celui qu’elle a ressentie dans le magasin. C’était d’ailleurs le problème avec cette machine, j’avais remarqué que plus l’envie d’acheter est forte, plus son contraire se manifeste. Et vu que la haine mène à la prison ou à la condamnation, ils ne craignaient une trop grande insistance de la part des clients. En fait, quand nous étions venus la première fois, il aurait fallut que je mette en route l’horloge.

– Je vois que tout s’arrange.

– Bon terminons-en, le mieux est de régler l’horloge afin que le temps se termine disons… Cinq années avant notre date de départ et de retour.

Natum brancha le matériel et régla l’horloge sur le 17 août de l’année 3016 puis Nicky relança son speech. Après cela, ils laissèrent l’équipement sur place, retournèrent à la cave refaire un dernier voyage temporel, du moins pour cette mission. A peine la machine arrivée à leur époque, un grondement se fit entendre, les deux aventuriers se dépêchèrent de sortir voir ce qui avait provoqué ce bruit. Dehors, ils virent des militaires, des policiers, des civils se tirer dessus à coups de mitrailleuses, de tanks et tout l’attirail de guerre qu’ils avaient en leur possession. La haine était au rendez-vous, la mort aussi.

– Qu’avons-nous fait ? Interrogea Nicky. Qu’avons-nous provoqué ? Je voulais de la violence mais pas à ce point-là.

– Nous n’avons réussi qu’à reculer la guerre. Ce qui veut dire que la paix reviendra par la suite. Je te l’ai dis, nous ne réussirons au pire qu’à changer que quelques histoires de couples mais pas l’avenir, c’est écrit et nous ne pouvons rien y faire.

– Que veux-tu dire par quelques histoires de couples ?

– Oui, si je tue mon grand-père, je ne naîtrais pas et cela n’aura aucune impacte sur le monde. Il se pourrait que je me réincarne ailleurs, dans un autre corps, pour une autre vie, mais changer le monde entier est une chose impossible !

Tout à coup, un homme armé d’une hache surgit de nulle part, Natum essaya de s’emparer de son pistolet paralysant mais le déchaîné écrasa la lame de l’arme sur la tête du pauvre scientifique. Pris de panique, Nicky attrapa son arme à feu et tira sur le cinglé, il récupéra le sac de son collègue et s’enfuit retrouver sa machine temporelle. Dans l’affolement, il régla l’engin sur 5000 ans avant J-c puis il disparut de cette époque de fous.

*

On ne peut pas changer l’avenir,

le destin d’une planète entière.

Voilà la phrase que Nicky a gravé sur la plaque tombale, une tombe où gît une machine capable de voyager dans le temps, un engin qui a donné bien des péripéties à notre scientifique, un homme qui se plaît là où il a atterrit, sur une terre primitive où la violence peut éclater aussi soudainement qu’elle peut se taire. Une haine maîtrisée laissant sa place à la paix lorsqu’elle n’a pas besoin de se manifester, une violence qui peut engendrer une bataille mais pas une guerre apocalyptique. Le professeur Nicky a trouvé le paradis terrestre qu’il recherchait tant, il n’y a pas la technologie qu’il possédait autrefois mais il y a la liberté, celle de la libre pensée et du libre acte. Et l’enterrement de cette machine infernale est pour lui une sorte de sécurité, il sait que cette création est inutile et qu’elle peut être dangereuse si par malchance un malade mental tombait dessus par hasard. Dans ce cas, Nicky pourrait peut-être ne jamais connaître cet espace de liberté si quelqu’un venait à assassiner un seul de ses ancêtres. Tant d’énergie dépensée pour rien… mais il n’y a rien craindre maintenant qu’elle est profondément enterrée. Quoique…

FIN

 

  

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