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Par Seby
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L’homme ... à modeler
(1/2)

Nul n’a connaissance de la terrible et troublante histoire de Steven, cet artiste solitaire qui a tellement fait parler de lui au début du vingtième siècle. Celui-là même qui a acquis le surnom et l’image de boys-band même s’il était seul sur scène et cela à cause de cette déferlante de nombreux groupes de ce style dans ces années-là.

Certains racontent qu’il se serait suicidé et d’autres disent qu’il aurait choisi de terminer sa vie dans un village inconnu de tous et perdu au fin fond de la planète. D’après eux, il aurait eu peur de la gloire ou ne supportait plus de se faire harceler par des milliers de fans et de journalistes assoiffés de mots, d’images ou d’autographes. Toutes ces histoires ne sont que des mensonges ou presque mais moi, je connais la véritable version et je vais enfin la dévoiler. Elle n’a rien à voir avec toutes ces rumeurs débiles, inventées par des fans hystériques ou des jaloux qui auraient tant aimé être à la place de ce monstre du show-business pour ainsi devenir aussi fortuné et se faire admirer par les plus jolies et, parce qu’il ne faut pas le cacher, les plus laides filles de la terre. Les potins me diriez-vous, on s’en fout complètement et l’on n’y prête pas la moindre intention ! Je vous confierais juste que vous avez bien raison. Quoique, comme la plupart des gens le savent, les rumeurs ne sont qu’une partie de la vérité. Donc, je n’ai plus qu’une seule chose à faire : vous narrer sa véritable histoire mais accrochez-vous car ce qui est arrivé à Steven est ce qui peut arriver de pire à un boys-band.

*

Steven venait juste d’avoir ses vingt-trois ans lorsqu’il reçut sa première lettre provenant d’un fou voire d’un jaloux qui le menaçait de mort. Il était déjà une des plus grandes stars du monde et le genre féminin n’avait d’yeux que pour lui. Son manager était fier de sa machine à fric et il le pouvait, son compte en banque augmentait à chaque seconde qui s’écoulait. La maison de production de Steven avait doublé, même triplée son chiffre d’affaire et cela grâce à un seul homme. Ce type avait, et je dois l’avouer, un sacré beau physique et surtout beaucoup de chance. Dirais-je cela par admiration ou par jalousie ? Aucunement et vous allez vite comprendre pourquoi.

*

C’est après sa première lettre de menace de mort que Steven en commença une immense collection, toutes semblables et provenant le plus souvent du même illuminé. Bien sûr, il en avait peur et prenait ces menaces au sérieux mais cela ne l’empêcherait sous aucun prétexte de manquer un seul de ses spectacles. De plus, il disposait des gardes du corps les plus entraînés que l’on ait jamais vu. Un dimanche comme tous les dimanches, Nicky, son coach vînt lui rendre une petite visite pour le mettre au courant du planning de la semaine à venir.

– Commençons par les concerts, expliqua t’il en pensant à tout l’argent qu’il allait encore récolter, tu en as mardi, jeudi et samedi. Lundi et mercredi, tu auras deux dînés suivis des habituelles séances d’autographes et si l’occasion de faire des interviews se présente… Tu les fais ! Je ne veux aucune objection de ta part, ce sont tout de même les médias qui font ton succès et sans eux pour parler de toi à travers le monde, tu ne serais rien. J’ai aussi pris un rendez-vous samedi avec un sculpteur sur pâte à modeler, il vient tout droit d’Italie rien que pour t’immortaliser, ça va faire du bruit car ça va être la première fois qu’une star va avoir une copie d’elle en pâte à modeler, d’habitude elles font cela avec de la cire mais là… On va parler de toi. Tout ce que tu auras à faire, ce sera de t’assoire et de ne pas bouger et pendant ce temps, lui, se contentera de sculpter ton image grandeur nature, ce n’est pas trop compliqué. Cela te convient ou non ?

« – Quelle question bête ! » Faillit rétorquer Steven mais il valait mieux pour lui d’éviter de répondre de manière à son coach, il savait mieux que personne que c’était surtout grâce à Nicky que sa gloire était à ce niveau. Il se contenta seulement, et avec un sourire un peu crispé, de répondre par un : « Pas de problème. »

La semaine se déroula une fois de plus à merveille. Les dîners, les séances d’autographes, les interviews et les concerts firent un triomphe phénoménal, tout allait bien jusqu’à samedi matin lorsque Steven reçu encore une lettre qui le menaçait de mort. Bien sûr lui et son entourage avaient déjà prévenu la police mais ils n’arrivaient pas à remonter jusqu’à la source, chaque envoi s’effectuait dans des nouvelles différentes. Ils découvrirent seulement juste par déduction que ce cinglé avait préparé son coup bien avant l’envoie de la première lettre. Cette dernière menace de mort était bien plus effrayante que toutes les autres car le futur meurtrier anonyme précisait qu’il allait bientôt accomplir ses écrits et cela lorsque la star du show-business sera sur scène devant des milliers de fans en délire. Steven sentit la panique, la peur monter rapidement en lui et se surpris, pour la première fois de sa vie, à refuser tous ses prochains concerts, du moins jusqu’à ce que le détraqué se calme ou soit arrêté. Il ne désirait pas mourir et encore moins sur scène. Dès que le manager eut pris connaissance des dernières intentions meurtrières du névrosé, il engagea de suite une nouvelle escorte de gardes du corps qui seront chargés de la sécurité du boys-band dans la salle de concert comme dans les coulisses. Certains seront mélangés au public et d’autres se feront passer pour du personnel. A ces mots et à ce dessein d’augmenter la sécurité, la peur qui avait pris place dans l’âme de Steven se dissipa et lui permis de reprendre confiance en lui.

Hormis ce misérable problème, la journée se fît sans autres ennuis.

Il était quatre heures de l’après-midi, heure à laquelle le Show-Man avait rendez-vous avec le fameux sculpteur italien : Roberto, un assez vieil artiste aux cheveux gris et aux yeux bruns. On pouvait facilement s’apercevoir qu’il avait des années de pratique derrière lui, il savait exactement ce qu’il avait à faire et la façon dont il allait s’y prendre. On pouvait aussi déceler quelques tremblements aux mains comme s’il était atteint d’une épouvantable maladie telle que Parkinson. Inquiet pour sa beauté physique, le boys-band demanda avec hésitation et une maladroite indiscrétion si les tremblements du vieillard affecteraient sa future statue de pâte. Le pauvre vétéran surpris et vexé par cette question lui jeta un regard de haine et lui répondit violemment qu’il avait toujours accomplit un travail d’artiste et que rien au monde et surtout pas ses tremblements ne l’empêcheront de faire la copie en pâte de qui que ce soit avec la précision et la qualité qui à fait de lui un sculpteur aussi célèbre.

Environ une heure plus tard, le sosie sans vie du boys-band fût achevé, on aurait jamais cru que cette statue puisse être faite en pâte à modeler tellement elle lui ressemblait, tellement elle était réaliste. C’est inimaginable qu’un sculpteur même expérimenté comme Roberto puisse cloner à la perfection un modèle tel qu’un humain : un corps, un visage, une expression et même un sentiment. Le vieil italien était fier de son œuvre tout comme Steven et son manager. Le boys-band envoya un discret regard d’excuse au sculpteur qui ne pouvait contrôler les tremblements de ses mains puis repartit chez lui, accompagné de son coach, après que l’inévitable séance d’autographes se soit achevée.

La nuit tomba et Steven ne pouvait s’empêcher de penser à son futur assassin. Ne réussissant pas à s’endormir, la star du show-business ne trouva nulle autre solution que de regarder la télévision, espérant ainsi que la lumière projetée pas le poste suffirait à lui fatiguer les yeux pour qu’enfin il oublie ses soucis et puisse trouver le sommeil mais son idée ne fonctionna point. Alors pour tuer le temps, suivit par deux de ses gardes du corps et surtout sans prévenir son manager qui ne l’aurait jamais laissé faire, il sortit rendre une petite visite à son double sans vie. Arrivé au musé, il se dirigea directement vers l’accueil, la caissière le reconnu instantanément et le laissa passer gratuitement en lui demandant poliment de se dépêcher car le musé n’allait pas tarder à fermer ses portes. Chose faite, il entra et attrapa la première femme de ménage qu’il vit, lui demanda les clefs de salle où sa statue était enfermée, attendant paisiblement le jour de l’inauguration, puis il se rendit à sa rencontre. Après que les gardes aient effectué leur petit contrôle de routine, Steven leur ordonna d’attendre devant la porte d’entrée. Les deux gorilles s’exécutèrent mais ils prirent bien soin de laisser la porte entrouverte… au cas ou ! Brusquement la musique qui rendait l’ambiance si calme et si détendue se tue, ne laissant place qu’à une voix de femme stridente et nettement moins harmonieuse :

– Mesdames et messieurs, le musé fermera ses portes dans quinze minutes. Veuillez commencer de vous diriger vers la sortie, merci de votre compréhension.

Encore quelques secondes de silence puis la musique repris ainsi que son atmosphère de tranquillité. Quinze minutes, Steven avait largement le temps de contempler son immobile sosie, ce qu’il fît. Tout en l’admirant, le boys-band n’arrêtait pas de se remémorer les lettres ainsi que les intentions meurtrières du malade qui voulait tant le supprimer. Il se les visualisa, mots par mots, menaces par menaces, de la première à la dernière lettre récemment reçue. Steven s’approcha lentement de la statue, s’agenouilla puis tomba en pleurs. Il ne voulait pas mourir, pas si jeune, il n’était pas prêt à affronter la mort et encore moins sur scène, devant des milliers de personnes. Il se releva, essuya ses larmes puis machinalement, il s’entretint avec :

– Je ne sais pas pourquoi je converse avec toi, dit-il, mais j’ai besoin de parler à quelqu’un ou à quelque chose. Je pourrais aussi discuter avec Dieu mais il n’est pas en face de moi et de toute façon il ne me viendra pas en aide… Toi non-plus d’ailleurs. J’ai des gros soucis, j’ai très peur d’un homme que je ne connais absolument pas, il veut m’assassiner et cela en public. Je sais que c’est un homme parce qu’il m’a clairement expliqué sur une de ses dernières lettres qu’il m’en voulait à mourir car sa femme n’avait désormais d’yeux que pour moi, qu’elle n’arrêtait pas de lui parler de moi et qu’elle avait décoré sa chambre de posters de moi. Il est stupide de vouloir détruire la vie d’un homme juste par jalousie. Je n’y peux rien après tout, je n’ai fais que mon travail, ce n’est quand même pas de ma faute s’il y a des fous qui circulent en toute liberté. A vrai dire, c’est la première fois depuis longtemps que j’ai peur, j’ai toujours eu mon manager et mes gardes du corps pour me protéger mais cette fois-ci, je crois qu’ils ne pourront pas faire dérailler le train de la haine qui hante cet homme. Je ne sais plus quoi faire… Si seulement tu savais à quel point j’aimerais être à ta place… Quand on y pense, tu n’as aucuns problèmes. Ce que je veux dire, c’est que si tu te prends un coup de couteau ou la balle d’un revolver de n’importe quel calibre, il suffirait juste de te remodeler et ce serait repartit pour de nouvelles aventures, de nouvelles tournées. Pas de sang qui coule, pas de cicatrices et le plus important : pas de problèmes de santé.

A peine Steven eut-il achevé sa dernière phrase que sa copie sans vie s’ouvrit en deux, une puissante lumière blanche en jaillit de ses entrailles aveuglant complètement le boys-band qui perdit connaissance avant d’être attiré ou plutôt traîné par et vers l’inconnue.

Ce n’est que le lendemain matin que Steven s’éveilla paisiblement allongé sur son lit comme si ne rien s’était passé la veille. L’esprit confus, il se demandait s’il avait rêvé ou si c’était bien arrivé car d’un côté, cela lui avait semblé bien réel mais de l’autre, c’était complètement surréaliste. Enfin l’halluciné se leva lorsque quelqu’un frappa à la porte de sa suite. Il ouvrit et découvrit Nicky, à bout de nerfs, accompagné de deux policiers.

– Espèce d’abruti ! Injuria son manager en entrant. Que s’est-il passé dans ta misérable cervelle pour que tu oses sortir sans penser à me prévenir ? J’aimerais tout de même que tu m’expliques ce qui c’est passé hier soir au musé.

Les deux policiers formaient un joli couple, l’un était gros avec une moustache finement taillée, l’autre était maigre et pas vraiment souriant. Sans leurs uniformes et sans cette ridicule moustache, on aurait pu croire avoir affaire aux Blues brothers en personne.

– Salut mon gars ! Lança le premier d’un air bien sympathique. Je me nomme Hermann, comme l’a dit ton coach, moi et mon équipier aimerions connaître en détail le déroulement de ta soirée d’hier.

– Il y a un problème, répondit le boys-band, je ne me rappelle plus de rien, je me souviens juste que je suis entré dans la salle où est entreposée la statue et après, c’est le vide.

Ce n’était donc pas un rêve, pensa Steven tout en admirant la moustache du gros. Il préférait cacher la vérité pour l’instant et de ce fait ne pas être pris pour un fou, de toute manière il ne savait plus vraiment ce qui s’était passé. Il apprit, grâce à ce que lui a raconté Hermann qu’il avait été retrouvé par le gardien du musé qui faisait sa ronde habituelle. Le surveillant, stupéfait de voir la scène qu’il venait de découvrir appela sans attendre les urgences. Steven avait été retrouvé inconscient, couché à terre et ses deux gardes du corps étaient agenouillés devant lui, il ne cessait pas un instant de répéter toujours les mêmes phrases : Dieu est venu le chercher ! Dieu l’a emporté avec lui ! Les deux gardes seront sûrement suivis par des psychiatres et il est impossible aux policiers chargés de l’enquête de comprendre quoi que ce soit en visionnant les caméras de surveillance, celles-ci furent éblouies par une puissance lumière de source inconnue. C’est lorsque le boys-band apprit que la statue avait disparue qu’il se rappela de la totalité des événements, il compris ce qu’il s’était réellement produit. Il était entré dans la statue, elle s’était ouverte, projetant une intense lumière et l’attira vers elle. Ca l’avait aspiré, exhaussant les souhaits du boys-band, enterrant ses peurs. Son corps de chair et cette pâte à modeler ne faisait plus qu’une seule et même personne. La statue est devenue Steven. Steven est devenu la statue. A cette idée, il changea radicalement de couleur, se tâtant la peau, il ne sut s’il elle était froide ou chaude, il avait perdu le sens du touché. Le doute avait pris place dans son esprit, il est complètement impossible que quelqu’un puisse se transformer du jour au lendemain de simple homme de chaire et de sang en un nouvel être de pâte à modeler. Steven n’avait qu’un seul moyen de savoir s’il était devenu l’homme de pâte qu’il croyait être. Ainsi, il se rendit dans la salle de bain, ouvrit une armoire à pharmacie, en sortit une paire de ciseau et s’entailla le bras, la douleur n’était pas au rendez-vous, le sang non-plus. A cette découverte, il fit éclater un horrible, un atroce rire de joie, de gloire. Le rire d’un homme possédant des pouvoirs surnaturels dont l’immortalité. Il fallait à Steven aller encore plus loin, il lui fallait faire ce qu’aucuns hommes n’avaient jamais réalisé auparavant sans en payer les conséquences. Il se planta les ciseaux en plein dans le cœur : rien à signaler sauf que… il vivait. Lorsqu’il les ressortit, il posa sa main au niveau du trou et à sa surprise, il ne sentit aucun battement. Environ deux heures plus tard, Nicky frappa à la porte et Steven lui ouvrit avec un énorme sourire radieux.

– J’espère que tu t’es bien reposé, lui dit son coach en pénétrant dans la suite, parce que c’est l’heure du planning de la semaine. Tout d’abord, tu as des séances d’autographe et des interviews lundi et jeudi. Mardi, tu n’as rien de prévu alors ce ne serait pas mal que tu fasses un peu d’exercices, de plus, ça te ferait du bien. Sinon, j’ai préféré limiter les concerts, après ce qui t’es arrivé hier soir et sans compter les menaces que tu as reçues, il vaut mieux ne pas en faire de trop et puis tu as besoin de repos. Donc, tu n’as qu’un seul concert vendredi soir mais ne t’inquiètes pas, les types de la sécurité sont hyper bien entraînés, tu te contenteras juste de danser, chanter et chauffer la salle mais à aucun moment tu ne dois penser à l’autre cinglé et gâcher le spectacle. D’accord ?

– Il n’y a aucun problème pour moi sauf que… En ce qui concerne le pauvre gars qui veut m’assassiner, saches que je n’ai plus peur de lui et que je fais entièrement à mes gardes du corps et aux hommes de la sécurité. Par contre, j’ai une question à te poser : Que vais-je faire mercredi et samedi ?

– Ah oui ! J’avais oublié. Ces deux jours-là, tu seras l’invité de deux émissions télévisées et je vais aussi te prendre un nouveau rendez-vous avec l’italien pour refaire une statue de toi.

– Non-merci ! Objecta Steven. Tu n’as pas intérêt à faire cela. Je n’ai plus envie de poser et je ne veux plus de copie de moi. Il y a juste un service que tu pourrais me rendre, j’aimerais que tu m’obtiennes un entretient avec ce sculpteur mais seulement pour discuter… de sa création. Bien sûr, si cela ne te dérange pas, je voudrais que le tête-à-tête se déroule juste après l’émission de mercredi et quand je dis tête-à-tête, cela veut dire lui et moi… sans toi. J’espère sincèrement que cela ne te vexe pas de ne pouvoir y assister mais ce dont nous allons parler est beaucoup trop personnel pour que tu sois au courant et que tu t’y en mêle. Et je ne veux pas de questions.

Nicky repartit sans mots dire tandis que le boys-band resta chez lui, sans bouger, fier d’avoir pour une fois imposé son avis et ses intentions, ce qui a cloué le bec de son chef.

L’artiste ne pensait plus qu’à explorer et découvrir les avantages que lui réservait son nouveau corps. Il s’amusa à se couper les doigts, les veines, se planter les ciseaux dans les mains, le crâne, la gorge, le ventre, sans en éprouver la moindre souffrance, la moindre gêne, remodelant son corps à volonté, n’éprouvant ni le besoin de boire, ni celui de manger. Il se sentait fort, puissant, un nouvel être, un surhomme. Il était heureux de ce qu’il est devenu, de ce qu’il lui est arrivé, il ne décela aucune imperfection sur son nouveau corps jusqu’à ce qu’il décide de s’écraser une cigarette sur la joue. Elle fondit à son contact et l’instrument de torture la traversa de part en part. Steven fit un bond sur place, il était en face d’un sérieux inconvénient, il fallait voir les dégâts causés par la cigarette, elle lui avait fait un joli trou au beau milieu de la joue. Après un inévitable petit remodelage, une idée lui vînt à l’esprit, une terrible angoisse : fondre sur scène. Avec la chaleur qui règne à chaque concert, il est certain que la star du show-business se dissoudrait au prochain en quelques secondes et devant des milliers de spectateurs et de téléspectateurs. Dés qu’il repris le dessus sur cette nouvelle peur, il réfléchit à ce problème, il fallait vite y remédier et il ne trouva qu’une seule solution. Il téléphona en quatrième vitesse à son coach pour lui ordonner de remplir les prochaines scènes de concert de tous les ventilateurs qu’elles pourront contenir. Au début, Nicky contesta les incompréhensibles caprices de son protégé mais à force d’insister et en utilisant un peu de marchandage, le manager ne pu qu’acquiescer. Le seul ennui qui aurait pu provoquer l’arrêt momentané des concerts à venir venait d’être enrayé. Soulagé, le reste de sa journée de déroula sans autres soucis, il tua le temps comme il le pouvait : en explorant les capacités de son corps de pâte, en se torturant du mieux qu’il le pouvait mais ce petit jeu le lassa vite. Au bout de quelques heures, l’ennui revînt en force. Le bourreau ne savait plus quoi s’affliger. Ce dimanche comme tous les dimanches, il n’y avait que l’ennui qui s’amusait et cela même avec sa nouvelle attraction qui avait transformé, pour peu de temps seulement, le jour du seigneur en jour du saigneur. Ce n’est qu’au moment où il éteignit la télévision que la sonnerie du téléphone retentit, il décrocha et reconnu la voix du policier qui était venu lui poser des questions. Hermann lui apprit que le sculpteur italien était introuvable, il n’avait non pas disparut mais c’était comme s’il n’avait jamais existé. L’hôtel où habitait normalement Roberto n’avait aucune réservation à son nom et le personnel jure ne l’avoir jamais vu tout comme au musé où pourtant il avait réalisé un chef-d’œuvre à l’effigie du boys-band. Roberto était inexistant. Il n’y avait que Steven, son manager, les deux policiers et ses deux gardes du corps devenus fou qui avait entendu parler de ce vieillard italien.

– Ce n’est pas grave ! Termina le boys-band en raccrochant.

Suite

 

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