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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Seby

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Homicide involontaire ?!
(2/2)

Le sosie du meurtrier en cavale essayait de se distraire dans la cellule où il passerait peut-être pas mal de temps, il s’allongea sur ce que l’on pouvait désigner de lit puis repensa à tout ce qui lui était arrivé ces derniers jours. Il imagina par quel moyen il pourrait se venger du délateur anonyme jusqu’au moment où la fatigue se fit trop forte.

Jack apparut devant une maison rose, il enclencha la poignée de la porte d’entrée, elle s’ouvrit sans résister, il entra à l’intérieur et découvrit un escalier menant à l’étage supérieur. Il l’emprunta et s’engagea dans un couloir qui déboucha sur une nouvelle porte fermée. Derechef, il l’ouvrit et vit une chambre, une vieille femme dormait paisiblement sur un lit. Il s’en approcha et la réveilla en lui lançant le revers de sa main à travers la figure.

– Rien de tel qu’une bonne tarte dans la gueule pour se réveiller ! Annonça t’il à la femme lorsqu’elle ouvrit les yeux. Je vais t’apprendre à t’occuper de tes affaires.

Jack sortit une grenade de sa poche, la dégoupilla et l’enfonça dans la bouche de la dénonciatrice, cassant au passage les dents et déboîtant la mâchoire. Il prit ensuite un rouleau de gros scotch et en entoura la tête de la femme pour être certain que la grenade ne ressorte pas. Elle se débattit comme une folle, lança des hurlements étouffés mais elle n’arriva pas à s’en défaire. Jack recula jusqu’à l’entrée de la chambre, le sourire aux lèvres, sans quitter sa victime des yeux.

– La prochaine fois que tu voudras balancer quelqu’un aux flics, conseilla t’il, tourne avant sept fois ta langue dans ta bouche… s’il t’en reste un morceau. Putain de concierge !

La tête de la vieille femme sans défense explosa dans un bruit infernal, décorant la chambre. Silvat se mit à rire de plus belle, il n’avait pas la moindre trace de sang sur lui, même l’explosion de la grenade ne l’avait pas atteint. Il recula, ferma la porte puis disparut, comme évaporé.

*

– Debout la-dedans, tu es libre ! Annonça à contre cœur le commissaire. Tu as une veine de pendu, le tueur a encore frappé et devine qui a été sa victime.

– Je n’en sais rien ! Répondit Jack. Comment voulez-vous que je le sache ? J’étais enfermé.

– C’est juste, il s’agit de ta voisine : madame Jernet. Tu es peut-être libre mais tu seras suivit, sous surveillance, ne l’oublie jamais, je ne te lâcherais pas comme cela.

– Mais pourquoi ? Puisse que vous savez que je ne suis pas le meurtrier ?

– Parce que ta voisine, c’est elle qui t’a dénoncé et étrangement, c’est à elle que le tueur s’en est pris. Tu peux sortir mais reste sur tes gardes petit, à la moindre connerie… Je ne te raterais pas.

Jack sortit soulagé du commissariat, il se balada dans sa ville natale, songeur puis, une dizaine de minutes plus tard, il découvrit une plaque solidement accrochée à l’entrée d’une maison. C’est peut-être son seul espoir de connaître enfin la vérité, de savoir s’il était entrain de devenir cinglé ou s’il y avait un lien entre ses rêves et les actes de l’assassin. Sur cette plaque y figuraient les inscriptions suivantes : Docteur Moirons, psychologue, psychothérapeute, réglera vos problèmes, et en plus petit : carte de crédit et chèques refusés. Silvat entra d’un pas hésitant, se demandant s’il n’allait pas avoir affaire à un charlatan, il vit une salle d’attente déserte et s’installa sur une chaise, l’odeur était assez désagréable, à peu comme celle qu’il y a dans les hôpitaux. Une dizaine de minutes plus tard, un jeune et un vieil homme sortirent de ce qu’il semblerait être un cabinet de consultation. Le plus vieux s’en alla et l’autre vint à la rencontre de son nouveau patient.

– Je suis à vous ! Dévoila t’il poliment. Voulez-vous me suivre ?

Jack le talonna sans réticence. Installé derrière son bureau, le Docteur Moirons se présenta à lui, comme il le faisait à chaque nouvelle tête qui venait dans son cabinet, et le pria de bien vouloir lui raconter le motif de sa visite. Silvat lui narra toute son histoire depuis le début et dans les moindres détails puis le Docteur Moirons en conclut simplement par :

– Je suis désolé mais je ne peux rien pour vous. Voyez-vous, votre problème me dépasse complètement, un homme tue parce que vous le rêvez. Je pourrais dire que vous êtes fou mais il y a eu des morts, là-dessus je vous crois car moi aussi je regarde les infos et j’ai vu votre portrait-robot. J’aurais pu ne pas vous consulter mais à ce qu’il y paraît, il a frappé lorsque vous étiez en garde à vue, donc ce ne peut pas être vous, pas tout à fait vous. Je ne vais pas discourir sur des sujets que je ne connais pas mais au cas où, je vous donne la carte de visite d’une personne qui en connaît un rayon là-dessus. C’est une sorte de sorcier ou chaman, comme vous voulez. Ca vous fera trois cents francs tout rond.

– Quoi ! S’exclama Jack surpris. Il faut que je vous paie alors que vous m’envoyez consulter quelqu’un d’autre, et en plus un allumé.

– Désolé mais je vous ai tout de même écouté et il faut que je vive, j’ai une femme et deux enfants à nourrir. Si vous tenez tant à avoir un avis rationnel de ma part, je dirais que vous êtes complètement cinglé et je vous recommanderais un hôpital psychiatrique. Que choisissez-vous ?

– La version que m’annoncera votre gourou.

Jack sortit la somme exacte de sa poche et l’échangea avec l’escroc contre l’adresse du sorcier, il sortit dans la rue puis d’une cabine téléphonique, il commanda un taxi afin de se rendre chez le thaumaturge. Juste avant de sonner chez cet être surnaturel, la porte s’ouvrit.

– Monsieur Silvat, je vous attendais ! Annonça une femme.

– Comment savez-vous que j’allais venir ?

– Je suis voyante non ? Par ailleurs, monsieur Moirons m’a prévenue que vous alliez certainement vous rendre chez moi aujourd’hui et que vous aviez un sacré gros problème.

– C’est le moins qu’on puisse dire !

– Il n’a pas eu le temps de me le raconter dans tous les détails mais entrez, ne restez pas dehors.

– C’est chouette chez vous, confia t’il admiratif, drôle de décoration mais j’aime bien. Docteur Moirons a omis de me dire que vous étiez une femme et il n’y a aucun indice sur la carte de visite qui me permettait de le deviner.

– Encore heureux que vous aimiez la décoration, continua t’elle pour détourner le sujet de conversation, comme s’il y avait une quelconque gêne, si vous saviez tout le mal que j’ai eu pour récupérer ces véritables os humains et animaux mais vous n’êtes pas venu pour me parler de ça. Racontez-moi ces rêves qui se sont réalisés, ce que je veux dire : êtes-vous sur que vous avez bien assisté à tous ces massacres au travers des yeux de votre assassin sosie lorsque vous dormiez ?

– Oui ! Cela paraît invraisemblable mais je vous assure que je dis la vérité, encore une chose si cela peut vous servir, je suis absolument sur de ne pas avoir de frères jumeaux cachés, ma mère me l’aurait tout de même dit, c’est normal…

– Je sais que vous n’en avez pas et je sais aussi ce qui se passe. Voyez-vous ? Lorsque nous dormons… Il existe en chacun de nous un corps éthéré que l’on appel aussi corps astral, celui-ci sort légèrement du corps matériel pour se recharger. Le vôtre le quitte volontairement pour accomplir le travail que vous ne pouvez faire ou que vous avez peur de faire. D’habitude, le corps astral est invisible à l’œil humain ou se manifeste sous forme de lueur blanchâtre mais dans votre cas, il se matérialise, reproduisant une parfaite copie de vous puis, il assassine.

– Que dois-je faire pour empêcher mon corps de tuer ?

– Déjà, il faut éviter toutes émotions fortes et en particulier, ne haïssez plus les gens, forcez-vous à les aimer même si parfois cela vous semble impossible. Aussi, il vous faut vous écouter, vous obéir, il faut que vous parveniez à vous rendre maître de la situation, sans cela il continuera. Prenez le dessus, essayez de contrôler vos rêves, de prendre conscience que vous rêvez, essayez de faire la différence entre l’imaginaire et la réalité.

– Et comment faut-il procéder pour réussir cela ?

– Je ne peux pas vous le dire. Non pas que je ne le veuille pas mais je ne le sais pas, à vous de trouver.

– Je croyais que vous étiez experte en la matière.

– Au fait, la consultation est gratuite, je partage mes gains avec le docteur Moirons, nous nous envoyons nos clients.

Jack repartit pleins d’idées en tête sur la façon de procéder pour contrôler son esprit meurtrier. D’un coup, un homme surgit de nulle part, le bouscula et en profita pour lui voler son portefeuille, Silvat le poursuivit mais le voleur était bien trop rapide pour lui. Il se dirigea vers le commissariat pour déclarer le vol mais il s’arrêta à temps, il avait bien trop de problèmes avec eux comme cela et comme lui avait dit la sorcière : il ne fallait plus d’émotions fortes. Du coup, il rentra se reposer chez sa mère afin d’éviter le stress de la ville.

*

Jack apparut devant un immeuble, il entra, vit des escaliers et un ascenseur. Sans réfléchir, il prit l’ascenseur, appuya sur un bouton qui le conduisit jusqu’au troisième étage et traversa dans le noir un long couloir avant de s’arrêter face à face avec une porte blindée. Contrairement à ses habitudes, il ne l’ouvrit pas mais la traversa de part en part. Sans bruits, Silvat se retrouva de l’autre côté, il vit que de la lumière fuyait d’une porte entrouverte, éclairant légèrement le couloir d’un appartement. Jack pénétra dans cette pièce lumineuse et trouva un jeune homme assis derrière un bureau, il semblait manipuler quelque chose. Silvat s’en approcha lentement et s’arrêta à deux mètres de l’inconnu, celui-ci leva les yeux et reconnu sa victime de l’après-midi même, celle qui lui il avait volé son portefeuille. Le voleur pris l’arme à feu qu’il nettoyait, termina en deux secondes d’y installer un silencieux et vida le chargeur sur Jack qui ne bougea pas d’un centimètre. A son tour, Silvat sortit exactement le même revolver de sa ceinture et tira presque à bout portant une balle dans chaque genou et une autre dans chaque coude. Le jeune homme tomba à terre, ensanglanté, il hurlait à la mort. Jack jeta son arme au sol, il s’empara du chiffon qui servait à nettoyer le pistolet du délinquant et le lui enfonça dans la bouche. Il saisit la tête du voleur par les mains, bloqua le reste du corps avec ses jambes puis commença à tourner lentement, très lentement la tête jusqu’à ce qu’elle ait fait un tour complet sur elle-même. Jack fit éclater un atroce rire lorsque le cou craqua, il lâcha le corps sans vie, recula pour mieux admirer sa victime puis il disparut.

*

Silvat se réveilla quelques heures plus tard, descendit de sa chambre et attrapa sans attendre le journal. Sans surprise, il y lu qu’un jeune délinquant avait été massacré, il savait qu’il s’agissait de son voleur. Il vit aussi, quelques pages plus loin, la photographie de son ancien patron, accompagnée d’un texte qui annonçait la future ouverture d’une usine d’import-export de produits alimentaires.

– Ca m’étonnerais que tu ais le temps de l’ouvrir ta fabrique de merde. Pensa Jack comme s’il commençait à prendre plaisir à tuer des gens sans danger de rébellion.

Il but en vitesse son café puis partit découvrir les constructions de la future usine et pour une fois, il emprunta la voiture de sa mère mais Jack avait l’étrange sensation d’être suivit pendant les six kilomètres de route, certainement son nouvel ami le commissaire. La construction de l’usine avait déjà commencée et son ancien patron était présent, supervisant le bon déroulement des opérations, Silvat vint à sa rencontre.

– Bonjour Jack. Lâcha son ancien patron surpris de le rencontrer. Mais que fais-tu là ?

– Je me disais que si une usine ouvrait ses portes, peut-être aurait-elle besoin de personnel qualifié et je crois l’être.

– Désolé mon petit gars mais je vais devoir être franc avec toi. Si je t’ai autrefois viré, ce n’est pas pour te réengager, je ne t’ai pas renvoyé pour rien, il y a des bonnes raisons à cela et je pourrais t’en faire une énorme liste. Comme tu l’as dit… c’est de personnel qualifié dont on a besoin ici et…

– Merci ! Coupa Silvat. Je ne veux pas en savoir d’avantage, c’est tout ce que je désirais entendre, ça devrait me suffire. Au revoir et bonne continuation !

Jack repartit comme il était venu mais avec un truc en plus : de la haine envers son ancien patron, une haine qui pourra se transformer en vengeance. Il passa la journée dans plusieurs bars, recherchant un café calme pour réfléchir à ses futures représailles et pour dépenser l’argent qu’il avait emprunté à sa mère. Enfin il en trouva un parfait, sans musique et avec peu de clients. Il s’installa au comptoir et commanda une vodka, le barman lui servit sa commande, se fit un café puis s’installa en face de Jack pour mieux s’entretenir avec.

– Allez, engagea t’il, dites-moi ce qui vous tracasse, ça restera entre nous.

– Ai-je la gueule d’un type qui a des problèmes ?

– Peut-être pas la tête mais tes yeux te trahissent.

– Qu’ont-ils mes yeux ?

– Ils sont d’un triste noir. Une sorte de force inconnue attire mon regard, on a envie d’y pénétrer profondément mais quelque chose nous repousse, c’est la peur. Il y a autre chose qui te pose problème, à toi comme aux autres, mais je n’arrive pas à voir ce que c’est. Je ne peux rien te dire de plus.

– Comment fais-tu cela ? Comment arrives-tu à pénétrer si profondément dans le mental des gens alors que tu ne les connais pas ? Comment peux-tu lire au travers du regard ?

– Tu sais, j’ai vu des tas de personnes défiler dans mon bistrot et me raconter des tas d’histoires. J’ai vu des milliers de regards différents qui se référaient à des angoisses, des peurs, des joies et des désirs.

– Veux-tu réellement que je te raconte mes ennuis ? Je veux dire que c’est vraiment étrange ce qui m’arrive. J’espère que tu as l’esprit ouvert.

– On m’a narré tellement de récits hors du commun que même un esprit ultra ouvert n’en croirait pas ses oreilles. J’ai aussi aidé à résoudre de nombreuses aventures car il y en avait de tellement énigmatiques que l’on peut les nommer ainsi. Certains disent qu’ici c’est le bar du dernier espoir.

– Ce n’est pas compliqué, commença Jack, lorsque je m’endors, mon subconscient sort de mon corps physique pour faire un voyage dans l’astral.

– Je ne vois aucun problème à cela, j’ai souvent rêvé de voyager dans les airs, ce doit être une bonne expérience, pratique et moins cher que l’avion.

– Je ne flotte pas, je marche tout à fait normalement. En fait, ce qui m’ennuie, c’est que mon corps assassine les gens qui m’énervent.

– C’est dur à croire mais combien de personnes a t’il tué ?

– Beaucoup trop aux yeux de la loi mais en toute franchise, je ne sais pas si je veux réellement l’arrêter, je commence à apprécier ce pouvoir. Sauf que… j’ai peur qu’il s’en prenne à quelqu’un que j’aime !

– Je prends une pose dans dix minutes, reviens dans une heure, je t’apporterais quelque chose qui pourra peut-être t’aider.

– Pourquoi pas, dit Silvat en se levant, mais attention, si tu me fais un coup en traître, je pourrais me venger sans que personne ne puisse m’en empêcher. Combien te dois-je ?

– Cadeau de la maison, maintenant dégage et reviens dans une heure.

Jack repartit en se demandant ce que lui préparait le barman. De toute façon, il n’avait rien à craindre sauf si le serveur ne tenait pas à sa vie. Silvat revint au café à l’heure convenue et le barman se rendit dans une pièce réservée au personnel dès qu’il le vit arriver. Il ressortit presque aussitôt avec un épais livre entre les mains.

– Qu’est-ce ? Demanda Silvat étonné.

– C’est un livre concernant les phénomènes tels que l’hypnose, le magnétisme et ce qui t’intéresse : les voyages astraux. Il explique comment s’y prendre pour contrôler son subconscient dans l’autre monde.

Jack rentra chez sa mère étudier le bouquin, il relut plusieurs fois les passages qui le concernaient et sauta ceux sans intérêts pour lui. Plus tard, sa mère arriva et le surpris entrain d’étudier.

– Salut maman ! Lança t’il. Regarde un peu ce qu’un barman m’a gentiment prêté.

– Au lieu de toujours traîner dans ce genre d’endroit, tu devrais penser à retrouver du travail.

– Calme-toi ! Repris t’il. Tu es d’une sale humeur aujourd’hui. Tu pourrais au moins être heureuse de constater que je suis sortis de garde à vue et que donc, je ne suis pas le meurtrier. J’aurais peut-être dû rester la-bas, j’étais plus tranquille dans ma cellule.

– Ne parle pas comme ça à ta mère ! Envoya t’elle en lui retournant une claque à travers la figure.

Jack se leva immédiatement, poing dressé, prêt à frapper sa propre mère mais il se reprit à temps et se rendit dans sa chambre pour se calmer. Il savait mieux que personne ce que la tension pouvait provoquer chez lui. Afin d’oublier ce malaise, il étudia son livre pendant des heures… il devait parvenir à se contrôler.

*

Jack se leva, il vit son corps allongé sur son lit, endormi, le livre encore ouvert traînait à ses côtés. Il sortit de sa chambre, longea le couloir puis pénétra dans celle de sa mère, elle dormait paisiblement. Sur une étagère, il vit une boite contenant du matériel de couture dont une paire de ciseaux. Jack s’en empara et se dirigea vers sa mère, elle se réveilla et le découvrit ciseaux en main.

– Que fais-tu là ? Interrogea t’elle. Pourquoi ne dors-tu pas ? Que fabriques-tu avec ces ciseaux ?

Jack enfonça la pointe de l’arme blanche improvisée en dessous du menton de sa mère et découpa le visage en prenant bien soin de passer par le milieu des oreilles et au-dessus du front, le sang de sa mère recouvrait le lit, elle hurlait à la mort mais ce qui devait le plus la terrifier la mort, c’était de savoir que son fils se trouvait être le meurtrier. Il retira les ciseaux et acheva son travail en lui ôtant le visage. La seule expression, le seul sentiment que l’on pouvait discerner chez sa mère était dû à son regard, chose qui gêna Silvat. Alors il enfonça les yeux en se servant de ses pouces et reposa la peau du visage à sa place mais à l’envers de façon à cacher les trous.

*

Silvat se réveilla en sursaut, il savait ce qui venait de se passer mais il espérer que ce n’était qu’un cauchemar, que son subconscient n’avait rien à voir. Il courut jusqu’à la chambre de la seule personne qu’il aimait encore et découvrit l’horreur qu’il venait d’accomplir.

– Non maman ! Se lamenta t’il devant le cadavre torturé. Pas toi ! Je ne voulais pas, je ne me contrôlais pas. Je n’en peux plus, il faut que tout cela cesse…

Il s’empara du téléphone, les mains tremblantes, composa le dix sept et se livra à la police qui vint aussitôt le chercher. La nuit tomba et Jack réfléchissait, seul dans sa cellule, il repensa aux morts qu’il avait fait et en particulier à sa mère. « Pourquoi elle ? » Se disait-il. A présent, il avait peur de s’endormir, il s’efforçait de garder les yeux ouverts, il en voulait au monde entier.

*

Silvat apparut devant un commissariat, il entra et se dirigea vers une des nombreuses cellules qu’il contenait, il fit face à l’une d’entre elles et vit son propre corps allongé, paisiblement endormi. Il traversa les barreaux et contrairement à ses habitudes, Jack se mit à flotter dans les airs, lentement, il se mit en position horizontale. Jack se plaça au-dessus de lui-même et attrapa sa tête. Deux gardes le virent, il lui demandèrent d’arrêter, les armes dégainées mais bloquèrent totalement devant l’étrangeté de la situation. Ils se paralysèrent et regardèrent Silvat soulever son corps par sa tête, à deux mètres du sol. A sa plus grande surprise, Jack se réveilla et découvrit son corps éthéré puis, les barreaux de sa cellule s’approchèrent vers lui à une vitesse fulgurante.

Le corps matériel de Silvat mourut, la tête éclatée contre les tiges de métal ensanglantées, devant des gardes pétrifiés.

Jack recula pour mieux admirer son corps, sa mort, une larme coula sur son visage, elle tomba à terre puis il disparut à tout jamais.

Fin

 

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