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A neophyction : Science fiction et fantastique
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Par Seby

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Mission de reconnaissance
(1/2)

X-yorta se réveilla brusquement au beau milieu de la nuit, un violent réveil accompagné d’un énorme essoufflement, un sursaut dans le noir provoqué par un terrifiant cauchemar. Il venait de rêver que Sirzikinal 1, la première et aussi la planète mère de sa race, était assaillie par de féroces créatures, répugnantes et sanguinaires, des bestioles d’une haine et d’une violence incommensurable, des monstres si hideux que seule son imagination pouvait les concevoir. Quelques images de cet étrange rêve lui revenaient à l’esprit, il revoyait des milliers de navires de guerre pilonner sa planète, il repensait à ces maudits aliens, projetés à terre, se battre avec des armes ultra perfectionnées. Des armes qu’il n’avait jamais vu avant, même dans des dessins animés, elles envoyaient une sorte de traînée d’air qui faisait exploser le corps qui se trouvait sur son chemin. Tant bien que mal, il s’efforça de retrouver son sommeil mais plus il essayait, plus cela l’énervait et moins il y parvenait. Enfin, il décida d’abandonner et se leva en prenant bien soin de ne pas réveiller sa femme qui, elle au moins, dormait dans un profond sommeil. X-yorta s’affala sur le canapé de son salon, après s’être allumé une cigarette qu’il savourait à chaque bouffée, puis il mit en route la télévision sur la chaîne des informations intergalactiques.

*

La surpopulation et l’affaiblissement de plus en plus croissant des ressources naturelles font partis des plus grands calvaires de la société sirzikiniènne. A cause de ces inévitables manques, ils durent jadis coloniser quatre planètes habitables dont trois inoccupées. Les résidents de cette dernière terre avaient un physique semblable aux intéressés mais ils possédaient un taux de haine incroyablement élevé, pour cette raison : la race fut totalement anéantie. En quelques années, les troupes d’attaque sirzikiniènnes éradiquèrent quatre vingt quinze pour-cent de l’ennemi avant de s’emparer de leur planète pour sagement y continuer leur accroissement. Certains aliens réussirent à survivre au feu du ciel mais dès qu’ils sortaient de leurs cachettes… ils mouraient, lynchés par les civils colonisateurs. Le gouvernement sirzikinien offrait même beaucoup d’argent à ceux qui leur ramenaient des aliens vivants, et plus la santé et la robustesse était bonne et plus la récompense était forte.

S’ils auraient eu un taux de haine équivalent ou inférieur à celui des colons, ceux-ci ne se seraient jamais permis de les détruire. Au contraire, ils seraient partis à la recherche d’autres planètes avec en plus un accord de paix signé par les plus hauts représentants des deux races.

*

X-yorta n’espérait plus qu’une seule chose à propos de ces problèmes, il se souvenait que trop bien des milliers de morts sirzikiniens qui ont combattus dans cette terrible guerre pendant six longues et interminables années. Il avait perdu beaucoup d’amis et de proches, il avait été témoin de beaucoup d’atrocités qui ne méritent pas d’être nommées et aujourd’hui, il a encore du mal à s’en défaire. Il aimerait tant que la prochaine planète qu’ils découvriront soit inhabitée et que si par malchance elle n’y est pas, que ses occupants obtiennent un résultat ne dépassant pas les cinquante pour-cent sur les hainomètres sirzikiniens. X-yorta ne souhaitait plus se battre, tuer, exterminer une race entière et voir ses amis mourir sous ses yeux, il n’en pouvait plus. En fait, il se haïssait profondément parce que c’était en quelque sorte de sa faute si cette satanée guerre avait éclaté. X-yorta travaille depuis toujours à la BPNRS : Base Principale des Navires de Reconnaissance Sirzikiniens. Jadis, il devait effectuer l’exploration d’une planète repérée par des sondes spatiales, si possible, kidnapper un ou plusieurs de ses occupants choisis au hasard, le ou les passer au hainomètre afin d’évaluer s’ils représentaient une quelconque menace, les tuer, se débarrasser des corps et pour terminer, faire un rapport. Il fit, après analyses, un rapport très détaillé de sa mission, heureux d’avoir découvert une planète, il s’était appliqué du mieux qu’il le pouvait dans l’écriture du rapport : clair, net et précis. Seulement, il n’avait aucunement conscience des répercutions qui s’en suivraient, il ne savait pas le malheur qu’il allait créer, autrement dit : la guerre.

Assis devant sa télévision, X-yorta pensait que demain il aura une journée inhabituelle, il devra commencer la formation d’un être de son espèce à travailler pour la BPNRS et cela ne l’enchantait guère. Il ne supportait pas s’occuper des nouveaux, leur servir de baby-sitter mais ça faisait parfois partie du travail, du moins pour les plus malchanceux. Au lieu de perdre inutilement son temps à forcer le sommeil, il opta pour la manière courte et s’envoya un somnifère puis se coucha en espérant qu’il passerait une bonne fin de nuit.

*

Klamosta patientait depuis une bonne demi-heure à la BPNRS, son cœur battait horriblement fort, il s’inquiétait de la manière dont se feraient les présentations avec son nouveau formateur. La veille, il avait répété quelques phrases pour cette occasion, il s’imaginait, face à face avec son nouveau formateur et alors là, il lui balancerait son sketch mais rien ne se fit comme il l’avait prévu. De loin, Klamosta surprit son formateur qui ne l’avait pas vu, alors il partit à sa rencontre.

– Mon commandant ! Héla t’il en courant vers lui. Mon commandant, je suis…

– Je sais très bien qui tu es, le coupa X-yorta, mais si tu veux que ça se passe bien entre nous, commence par m’appeler par mon identifiant civil et tutoies moi, je ne suis pas un monstre, je suis juste ton supérieur. Saches que pour moi, un grade ça ne veut rien dire mais n’oublie jamais que je le suis plus que toi.

– Par quoi commençons-nous ? Pressa Klamosta à la limite de l’impolitesse.

– Vas te changer, après on empruntera un navire de reconnaissance de type-3. Je suis curieux de voir comment tu t’en sors aux commande d’un de ces engins. Tu verras, ce n’est pas très différent des types-2 et comme, d’après ton dossier, tu as étonné tes anciens moniteurs, tu devrais bien t’en sortir et assez vite maîtriser cet appareil.

L’apprenti courut à en perdre haleine vers les vestiaires qu’il avait eu le temps de visiter et d’y déposer ses affaires. Il en ressortit presque aussitôt pour rejoindre son instructeur qui n’avait pas bougé d’un centimètre, il fumait simplement et tranquillement une cigarette en contemplant les quelques navires de reconnaissance qui flirtaient avec le ciel avant de faire de même avec la noirceur de l’espace. A son arrivée, X-yorta le pria de le suivre jusqu’à la cafétéria de la base pour prendre un bon cappuccino.

Il se faisait huit heures du matin lorsque le commandant finit de s’amuser avec ses collègues et qu’il décide de commencer l’apprentissage du nouveau. Klamosta était comme fou, surexcité à l’idée de piloter un de ces monstres, il allait enfin réaliser son plus grand rêve mais pour son commandant, ça ne lui faisait ni chaud ni froid. Ces essais n’étaient que routine pour lui, il les avait réalisés tellement de fois qu’il pourrait s’endormir aux manettes et piloter ce navire comme s’il avait les yeux ouverts, ça n’y changerait rien. Klamosta s’installa aux commandes du vaisseau spatial de type-3, vérifia une dernière fois les systèmes de sécurité et de navigation, rien ne devait être laissé de côté. Le moindre problème, la plus infime défaillance pourrait coûter la vie à deux hommes : le pilote et X-yorta qui supervisait d’un œil attentif si rien n’était oublié par son apprenti. Le décollage se déroula bien pour un débutant, les vingt-deux mille kilos du navire s’élevèrent comme une plume prisonnière d’un ouragan, la magnificence du vaisseau s’élançant dans le ciel était indescriptible. Les boosters arrière explosèrent simultanément, laissant derrière eux une traînée de feu longue d’une centaine de mètres, ce qui enchantait toujours les spectateurs au sol, encore et à jamais émerveillés comme à leur première fois. Klamosta faillit percuter un gratte-ciel à douze kilomètres de la piste de décollage, surpris par l’incroyable puissance de projection, les G dissipés, il repris son calme, son souffle et sa concentration.

Une fois dans l’espace, l’oiseau mécanique pris toute son ampleur, Klamosta acquit les yeux d’un enfant impressionné lorsqu’il vit sa planète par les hublots du navire. A l’intérieure de l’engin, il se disait que seule une race supérieure telle que l’espèce sirzikiniènne pouvait avoir et accomplir d’aussi jolies choses. Et l’espace d’une seconde, il se prit pour Dieu contemplant sa création. X-yorta l’interrompit dans cet instant magique pour lui enseigner quelques manipulations à faire si l’ennemi venait à attaquer. Il lui fit bien comprendre que ces opérations seraient répétées maintes et maintes fois jusqu’à ce qu’elles soient devenues un automatisme. L’atterrissage, c’est le commandant qui le fit, trop dangereux pour un débutant et surtout pour quelqu’un qui a faillit visiter les appartements d’un gratte-ciel.

*

Les années passèrent sur Sirzikinal 1 et ses trois sœurs, et plus le temps s’écoulait et plus la population ne cessait son accroissement. En à peine dix ans, le peuple sirzikinien avait triplé tandis que les ressources naturelles se raréfiaient au point d’en devenir réellement inquiétant. Une bonne guerre interplanétaire aurait à coup sûr fait du bien mais cela s’avère impossible pour la simple raison qu’il n’y a qu’un seul gouvernement au sein de la race sirzikiniènne. Il n’y avait plus qu’une seule solution et elle devenait assez urgente : Conquérir une nouvelle planète.

*

Un samedi matin comme d’ailleurs tous les samedis matins, X-yorta regardait la télévision pendant que sa femme prenait tranquillement son bain. Contrairement à ses habituels couples qui s’aiment et qui se marient, celui-ci n’avait pas d’enfants pour deux bonnes raisons : la première est lorsque l’on ouvre un tout petit peu les yeux sur les mondes qui abritent les peuples sirzikiniens, on s’aperçoit que le chômage, la surpopulation, le manque d’eau, de nourriture et tout ce qui s’en suit augmente au fur et à mesure des journées. La seconde est le travail de X-yorta, il peut être envoyé à tous moments dans une mission et y mourir. Alors, comment élever un enfant qui pourrait du jour au lendemain se retrouver sans père, sans toit ni de quoi vivre, ça ne donne pas vraiment envie d’en avoir.

Quelqu’un frappa à la porte d’entrée, X-yorta se leva en même temps d’éteindre la télévision, prévint en hurlant à sa femme qu’il allait ouvrir et se dirigea vers la porte. Sur le palier, un homme se tenait debout, face à lui, une lettre à la main.

– Commandant ? Interrogea l’inconnu. Êtes-vous le commandant X-yorta ?

– Oui mais qui êtes-vous et que me voulez-vous ?

– Je viens de la BPNRS et j’ai pour ordre de remettre au commandant X-yorta une lettre de mission.

– Ca tombe bien car c’est justement moi alors… tu me la donnes ?

– Désolé mon commandant, repris le coursier, mais je dois vérifier vos dires. Vous comprenez ? Cette lettre est de la plus haute importance.

L’homme sortit une petite boite noire de la poche intérieure de sa veste, la tendit à X-yorta qui la serra de toutes les forces que possédait sa main gauche, comme s’il essayait de l’écraser. Il fit ce geste pendant deux secondes puis la retendit au coursier. La boite émit une agréable voix de femme : « Vérification groupe sanguin affirmative ! Vérification ADN affirmative ! Vérification masse spectrale affirmative ! Identification : commandant X-yorta. » L’homme sourit en replaçant la petite boite au même endroit qu’il l’avait sortit puis remit la lettre à l’intéressé avant de se rendre à sa voiture où deux hommes armés attendaient. X-yorta patienta jusqu’à ce qu’ils soient hors de vue puis retourna s’installer sur son canapé avec un calme et un silence admirable. Il posa la lettre sur la table devant lui, s’alluma une cigarette et attendit que sa femme descende le rejoindre pour découvrir un homme abattu, désespéré.

– Qui était-ce ? Demanda t’elle d’une voix hésitante.

– Un type de la BPNRS, il m’a remit une lettre.

– Et que raconte t’elle ?

X-yorta ne répondit rien, il savait très bien ce qu’ils lui voulaient à la BPNRS et c’est bien pour cela qu’il ne désirait pas ouvrir sa lettre. Sans demander, sa femme s’en empara, la lu puis fondit en larme.

– Ils veulent que tu partes en mission de reconnaissance, informa t’elle pour qu’il ait réellement conscience de ce qu’il lui arrivait, ils veulent que tu découvres une nouvelle planète à coloniser. Ils veulent que ça recommence…

A la fin de cette lecture, X-yorta téléphona à la BPNRS dans le dessein de parler au directeur et de contester cette mission voire l’annuler du voyage.

– Les ordres sont les ordres ! Cria le directeur dans le combiné téléphonique. Ne me dis pas que tu as oublié que toutes contradictions aux ordres sont totalement et irréversiblement prohibés.

– J’essayais juste de…

– Je sais très bien ce que tu tentais de faire, coupa t’il d’un ton plus calme et compréhensif, conscient du poids de cette mission, mais je ne peux rien faire pour toi. Ces ordres ne viennent pas de moi et ceux qui les ont donnés t’ont spécialement recommandé, et tu sais pourquoi. De plus, les meilleurs sont aussi sur le coup et dans le même pétrin que toi.

X-yorta raccrocha le téléphone puis voulut rappeler pour que le directeur fasse un effort pour l’aider, le seul de ses amis qui connaisse des hommes très haut placés dans la hiérarchie sirzikiniènne mais il ne le fit pas. Si par malchance il se faisait virer ou même venait à démissionner, il ne retrouverait certainement plus jamais de travail et n’aurait pas le droit de toucher à sa retraite. Il lui fallait attendre encore une bonne trentaine d’années au sein de la BPNRS avant de pouvoir profiter librement et pleinement du reste de sa vie.

Environ une heure plus tard, le téléphone retentit, voyant que X-yorta n’avait toujours pas bougé de son canapé, sa femme répondit à sa place. Ainsi, elle lui apprit que son ancien apprenti, qui entre temps était devenu son meilleur ami, sera de voyage avec lui. « Enfin une bonne nouvelle ! » Pensa t’il. Tout au contraire de X-yorta, Klamosta n’attendait qu’un ordre pour partir dans une véritable mission de reconnaissance, il en avait ras-le-bol de faire toujours et incessamment les mêmes exercices. Il voulait partir et il allait partir. Pour lui, c’était comme une sorte de jeu qui n’attendait que d’être sortit de sa vieille boite, qui attendait que le jour-j arrive et toutes ces années de patience allaient bientôt être récompensées.

Comme à son premier jour, Klamosta arriva avec une bonne demi-heure d’avance à la BPNRS. Patiemment, il attendit son équipier, plus le temps passait et plus il s’énervait, il était pressé de partir à la conquête de l’univers et de se prendre pour un dieu envers le peuple sirzikinien à son retour chez lui. Il était heureux, et cela parce que les effets ressentis des conséquences, dues aux rapports concernant les habitants hostiles de la ou des planètes qu’ils découvriront, s’ils en découvrent de cette sorte, lui sont complètement inconnus. Des rapports qu’ils devront faire dès qu’ils auront obtenu des résultats sur le hainomètre. X-yorta ne lui avait jamais parlé des répercutions qui s’étaient produites dans le passé. Certes, Klamosta connaissait brièvement l’histoire de sa race, en particulier les guerres intergalactiques mais il avait une totale ignorance des véritables causes, des véritables raisons. D’ailleurs, personne ne les connaissaient hormis les responsables qui pour la plupart sont morts et incinérés, donc totalement muets. X-yorta, lui, savait tout, il avait tout vu même si indirectement il était responsable de la dernière. L’ancienneté a des privilèges dont celui de la vérité qui n’est pas facile à supporter. Il avait même participé aux mises à mort des traîtres sirzikiniens et des prisonniers de guerre de la race ennemie, des êtres plongés vivant dans des bains d’un puissant acide sous les acclamations des militaires les plus avantagés, les plus favorisés pour assister aux spectacles. Tout cela parce qu’ils n’avaient pas eu une moyenne satisfaisante sur les hainomètres sirzikiniens. X-yorta regrette Imokstez, son ancien coéquipier et ancien meilleur ami, celui avec lequel il avait accomplit la si fameuse mission de reconnaissance qui avait tourné au cauchemar. Imokstez se laissa mourir peu de temps après le début de la guerre, psychologiquement beaucoup moins résistant que son ancien collègue, et se sentant directement responsable de ces massacres, sa mort fut terriblement lente et se fit dans d’horribles souffrances mentales, même avec l’aide des médecins… il était foutu. X-yorta évitait tant qu’il le pouvait de se remémorer ces souvenirs mais la lettre qu’il avait récemment reçue lui fit ressortir toutes ces horreurs profondément enfouies en lui. Pas tant que cela, son passé avait lentement défilé devant les yeux, dans ses rêves, et plus il y repensait et plus les larmes prenaient du terrain. Il faillit, à plusieurs reprises, pleurer comme un bébé mais il se rattrapait à chaque fois que sa femme lui rappelait que ces missions étaient faites pour le bon développement de sa race, pour que des gens ne meurent plus de faim, de soif et de froid. A son tour, le commandant X-yorta arriva à la BPNRS, il rejoignit son coéquipier à la cafétéria, toujours silencieux, bu son café en face d’un Klamosta sur excité puis partit se changer aux vestiaires.

Suite

 

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