Attraction
terrestre
Station
de divertissement interstellaire, quelque part dans l’univers,
à des années et des années lumière de la
terre…
Lupus Gorkom, Directeur Général de la plus grande foire
cosmique de la galaxie, bougeait les tiges de ses organes visuels dans
tous les sens, incrédule devant les feuillets chiffrés
qu’il tenait fermement entre ses quatre pattes gluantes.
- Mes cœurs, mes pauvres cœurs…Ils ne tiendront pas
! grognait-il d’une voix effondrée. Les pertes sont plus
mauvaises que prévues, Tino. Voyez les chiffres : c’est
une catastrophe pour notre affaire.
Sa masse gélatineuse s’affaissa dans un éloquent
soubresaut. Tino, modèle robotique de la fondation Xères,
fixa le directeur avec le respect caractéristique des androïdes.
- Il y a une explication toute simple à ces mauvais résultats,
mon Seigneur. L’attraction principale de notre fête foraine
ne nous rapporte plus rien. Plus personne ne fréquente la «
Galaxie Horror House », Maître …
Lupos se redressa d’un seul coup.
- Plus personne ne fréquente la Galaxie Horror… ? Mais
c’est impossible, Tino !? Depuis la création de cette foire
par la dynastie de mon illustre géniteur Limas Gorkom, cette
attraction est la plus impressionnante qui existe !
Le seigneur Gorkom, malgré l’effort que cela implique pour
un gastéropodus, se traîna lentement hors de sa couche
vers la baie vitrée de son bureau, donnant sur le parc d’attraction.
Tout à coup, ses trois yeux globuleux commencèrent à
scintiller. Lupus Gorkom était ému.
- Tino, depuis que je me traîne dans la galaxie, j’ai vu
défilés des centaines et des centaines de milliers de
races venues de tous les mondes habités du système, rien
que pour venir admirer notre collection.
La tige du globe auriculaire gauche du directeur virevolta en direction
du robot, ses deux autres yeux restant fixés sur le parc lumineux,
symbole du divertissement dans tout le cosmos.
- Cette attraction a toujours été notre plus grande fierté
et devra le rester coûte que coûte ! J’y mets l’honneur
des Gorkom en jeu !
La voix de Sa Seigneurie s’emporta dans une échappée
intrépide, faisant vibrer les murs bulbeux au rythme des soubresauts
ectoplasmiques du gastéropode, visiblement refait de ses élucubrations
pessimistes.
- Nous allons agir, mon jeune ami de métal ! Et immédiatement
!
Une trace visqueuse incrusta le sol alors que Lupus regagnait la confortable
couche de son bureau.
- Approchez-vous Tino, nous avons à établir un plan pour
reconquérir notre clientèle.
Le robot s’exécuta dans une rythmique toute cybernétique,
à l’écoute des volontés de Sa Seigneurie
toute puissante.
- Nous devons attaquer le problème à son origine ! Trouvons
les symptômes à notre mal avant de le soigner. Telle est
la philosophie de ma lignée, mon cher ! Ensuite, nous y appliquerons
le remède adéquat.
Lupus Gorkom fixa intensément le regard artificiel et stérile
de l’androïde, un sourire baveux se dessinant péniblement
aux commissures de ses babines boursouflées.
- Pourquoi nos clients désertent ils notre attraction, Tino ?
Allez, répondez-moi franchement mon ami !
- Je dirais - sans vous offensez mon Seigneur - que les créatures
que nous leur proposons sont devenues obsolètes d’intérêt,
si je peux me permettre…
- Et pourquoi ce sentiment d’après vous ?
Le robot fixa le gastéropode un long moment avant de répondre,
comme si ses circuits cérébraux luttaient pour juger de
la décence de sa réplique.
- Notre attraction ne fait plus peur à personne, Ma seigneurie…ce
qui lui fait perdre du coup sa raison d’être.
- Hum…Je suis de votre avis, Tino.
Avec un effort non feint, Lupus cliqua sur un petit bouton au centre
de son bureau. La réaction à cette pression fut l’ouverture
d’un large orifice dans le mur, projetant l’image holographique
d’un écran vierge.
- Regardez mon ami…Voici le bestiaire monstrueux qui compose la
« Galaxie Horror House » !
L’écran s’éclaira sur toute sa largeur, reflétant
les silhouettes scabreuses d’une série de races indescriptibles,
plus effrayantes les unes que les autres.
- Voyons cela dans l’ordre. En premier lieu : Un Termitaure de
Lunas…
- Le dernier de son espèce, Ma Seigneurie, enchaîna le
robot. Fidèle à notre attraction depuis 1420 lunes, selon
nos chiffres. Toujours aussi effrayant, certes, mais depuis qu’il
tourne dans la maison… toute la galaxie semble le connaître
et…le reconnaître. L’effet de surprise a disparu…
- Hum…votre analyse me semble raisonnée, Tino. La surprise
! Voila ce qu’attendent nos habitués…Notez cela dans
votre disque dur, je vous prie Tino. Passons à la créature
suivante…
- Un KolKor à trois pattes…, anticipa l’androïde.
Une espèce grotesque et de physionomie terrifiante qui créait
l’effroi chez nos hôtes…jusqu’à l’intégration
de cette espèce dans la Confédération Economique
du Système, voici une dizaine de Lunes…Nous ne présentons
plus cette espèce au public depuis ce vote. Cela pourrait créer
un incident diplomatique sans précédent. Je suis désolé,
Ma seigneurie…
- Et moi donc ! Eh bien…Le conseil accepte n’importe qui
dans son comité de nos jours…Regardez moi cette horreur.
J’en tressaute rien qu’en le regardant. Enfin, bon…
passons au suivant.
- Ah…Le célèbre Gilo de Rodon, s’enthousiasma
d’emblée Lupus Gorkom. Un spécimen unique en son
genre. Une vraie merveille de l’horreur. Qu’en pensez vous
Tino. N’est-il pas le plus terrifiant de notre collection ?
- Euh, c'est-à-dire « était » le plus terrifiant,
Ma Seigneurie. Gilo de Rodon a disparu depuis une lune et demie. Les
gardiens de La galaxie pense qu’il a fui avec « Flodelle
sept Têtes », la ratte brune de Mérica, avec laquelle
nous le soupçonnons avoir connu une idylle.
- Mon dieu, c’est impensable, siffla Lupus.
- Je vous rassure, Mon Seigneur. Nous avions largement amorti ces deux
espèces…
- Non, je ne parle pas de cela, Tino. Mais imaginez qu’ils s’accouplent
! Quelle horreur ! J’en frémis rien que de penser à
la nature de leur progéniture ! Et du bénéfice
qu’il s’en échapperait….
- Je ne vous le fais pas dire, ma Seigneurie…
- Allez…Passons les autres en revue…s’enquit le Gastéropode
pour couper court. Nous avons du pain sur la planche !
Ainsi, pendant que la base interstellaire brillait de mille feux et
accueillait visiteurs de toutes races et de toutes planètes pour
jouir des sempiternelles attractions de la base telles que les Montagnes
du Vertige, le Palais Quadri-mensionnel ou les jeux de tirs au Burggol
sauvage ; tandis que certains flambaient leurs économies aux
casinos et que d’autres se délectaient des merveilles culinaires
de la station, Lupus Gorkom et son assistant travaillaient héroïquement,
sans relâche, à former l’inventaire de prêt
d’une quarantaine d’espèces horrifiques, gardant
au fond de leur esprit soucieux la volonté de trouver une solution
à la mauvaise fréquentation de leur attraction fétiche.
Une tranche de Lune plus tard, Tino tenait dans ses petites pinces de
métal le compte rendu définitif de la recherche.
- Nous en avons terminé, votre Seigneurie. Les résultats
nous donne en lice environ une douzaine d’espèces exploitables…
- Que du bas de gamme, Tino ! Oubliez ça ! , exprima Lupus, un
geste des deux pattes gauches pour signifier son mécontentement.
- Ah…Je comprends mieux à présent pourquoi la foule
déserte nos portes. Certaines de ses créatures sont plus
séduisantes que vous et moi, Tino. Vous parlez d’un musée
des horreurs ! Nous sommes ridicules, pathétiquement ridicules…
Lupus Gorkom était réellement abattu, ce qui, physiquement
parlant, se caractérisait par un affaissement général
de sa carapace de chitine. Pourtant malgré les échecs,
la volonté optimiste des choses prenait toujours l’ascendant
sur son abattement général. (Cet esprit de battant suffit
à expliquer les réussites financières et commerciales
de la race gastéropode depuis des millions de Lunes).
- Le public veut du frisson, Tino ! , s’emporta soudain Lupus,
ses globes oculaires vermillon étincelants d’émotion.
Le public veut frémir dès que le rideau se lève,
mon ami. Il veut voir l’insoutenable, sentir les frétillements
de la peur lui souffler au visage. Vous comprenez ?!
Tandis que Lupus Gorkom exultait dans son discours tel un maître
de conférence devant une foule d’universitaires Giggig,
l’intelligence artificielle du petit robot s’activait à
grande vitesse.
- Donnons leur alors ce qu’ils attendent, votre Seigneurie ! Trouvons
la créature la plus abominable de la galaxie et exhibons la dans
un show immense !
- Splendide ! Voilà qui est bien parlé, mon cher Tino.
Donnons leur la plus grande émotion du cosmos ! Donnons leur
l’impensable ! répéta Lupus avec vivacité.
Donnons leur L’EFFROI SUPREME ! , ajouta t’il dans un rictus
teinté de la malice propre aux limaces.
Longtemps plus tard ; alors que les lumières de la fête
s’éteignaient les unes après les autres sous les
regards stoïques des constellations de Vixos et les couchés
successifs des huit soleils de Somat ; alors que les derniers visiteurs
regagnaient leur engins spatiaux des rêves pleins la tête,
la sonnerie stridente de la base de données générale
de l’ordinateur central retentit avec fracas dans le bureau du
directeur.
- Votre Seigneurie…Réveillez-vous, votre Seigneurie ? ,
souffla Tino
- Hein… ? Quoi… ? Une salade sauce zukzuk, s’il vous
plaît, mon adorable chou baveux…, grogna faiblement un Lupus
Gorkom visiblement encore ensommeillé…
- MON SEIGNEUR !!! , cria désespérément l’androïde.
- Euh...Ah ! Tino ? Que se passe-t-il mon jeune ami ? Pourquoi criez
vous ainsi ? Argh…J’ai du m’assoupir un moment…,
bafouilla le gastéropode en relevant son imposant occiput.
La voix métallique du robot baissa de plusieurs octaves.
- Il semblerait que l’ordinateur ait trouvé ce que nous
recherchions, maître.
- Vraiment ! , s’enthousiasma Lupus en se traînant vers
la console holographique. Voyons cela d’un peu plus prés,
voulez vous !
Le robot s’empara manuellement des fonctions internes de la base
de données. Les deux êtres regardèrent l’écran
qui reflétait sur le mur central l’image d’une planète
toute bleue qui leur était jusque là totalement inconnue.
- Cette planète s’appelle simplement « Terre »,
Monsieur, argua le petit androïde.
- Cela vous dit quelque chose, Tino ? , requit un Lupus intrigué.
- Négatif, votre Seigneurie. Selon les coordonnées propres
à l’axe de Radius, elle se trouverait dans le 74 238ème
système solaire enregistré. Un système composé
d’un seul astre solaire et de 9, non…. 10 planètes.
Cette « Terre » semble être la seule qui soit habitée.
- Hum, intéressant, Tino ! Très intéressant. Notre
pain se trouve peut-être sur le sol de cette étoile, mon
ami. Est-ce loin d’ici ?
Le robot s’activa avec doigté sur le clavier du terminal.
- Environ 280 pals, Seigneur, calcula enfin Tino
- Ce n’est à l’évidence pas la porte à
côté mais l’investissement en vaudra peut-être
la tentative. Existe t’il un moyen de savoir à quoi ressemblent
ces créatures ?
- Le temps de rechercher l’existence d’une source d’émission
et je vous dis cela tout de suite, Votre Seigneurie. Attendez…voila
! Ils émettent par satellites de catégorie 2. Un peuple
arriéré à l’évidence…
- Tant mieux, Tino. Ils n’en seront que plus faciles à
capturer. Utilisent t-ils le déplacement Spatio-temporel ?
- Je ne le présume pas, Mon Seigneur. Les habitants de cette
planète semblent à un niveau d’évolution
assez dérisoire, répondit stoïquement l’androïde.
- Parfait, parfait…Essayons de voir à quoi ils peuvent
bien ressembler. Je suis curieux de…
Soudain, avant que Lupus Gorkom puisse achever sa phrase et alors que
Tino pénétrait dans le système basique de Télécommunication
Terrien, les premières images de ces êtres apparurent…
- AAAAAAAHHHHHHH !!!!!!! , crièrent à l’unisson
les deux personnages
- Bonté du Cosmos qu’ils sont laids ! , t’empestas
Lupus Gorkom avachi par le spectacle dégoûtant donné
à sa vue globuleuse. Mais comment peux t-on être aussi
laids ?
- L’ordinateur ne sait pas trompé, Mon Seigneur. Ces êtres
sont vraiment les plus abominables de la galaxie. Mes circuits en grillent
presque de terreur !
- Eteignez moi cet écran ! Tino. Je crois que je vais déglutir
mes partelos cendrées. Sapristi…mais regardez moi ces membres
disgracieux, cette encéphalite du crâne. Ce corps déglingué…Affreux
!
- Selon les données affichées sur l’analyse de leur
biotope, Ils sont d’une catégorie d’espèce
dite « Australopithèque » ayant connue une transmutation
de l’intellect de classe 1 à 4 suivant plusieurs milliers
de Lunes. Ils possèdent seulement quatre membres externes, ont
une taille d’environ 20 Kralas, sont omnivores et ont la peau
lisse quadrichromique.
- Eh bien, mon ami, conclut un Lupus Gorkom dont l’effroi barrait
visiblement les traits. J’espère pour eux que leur évolution
commence…Dans tous les cas, reprit t-il de concert alors que la
raison pécuniaire reprenait le pas sur la peur, leur physique
ingrat va faire notre gloire et notre fortune. C’est indubitable
! Il nous faut un de ces individus pour notre « Horror Galaxie
House ». C’est une priorité et nous y mettrons le
prix !
- Je vous crois sur parole, Ma Seigneurie. Le public va se bousculer
pour voir ce monstre de plus prés.
- Mettez moi tout de suite en relation avec le centre de voyage temporel.
Il nous faut un vaisseau spatial équipé dans les plus
brefs délais, Tino. Hâtez-vous mon ami, le succès
nous appelle…
Alors que le robot quittait son bureau sous les ordres de mission de
son maître, Le directeur de la plus grande Fête Foraine
de la galaxie s’approcha pour la deuxième fois de la soirée
du balcon qui concédait une vue imprenable sur son empire du
jeu. L’effort en valait la peine et un sourire aussi large qu’un
melkas juteux de Triniton se dessina sur ses babines goulues. Limas
Gorkom aurait été fier de son descendant. Là Bas,
dans l’infinité du cosmos, quelque part dans l’immensité
galactique, se trouvait le salut qui sauverait l’attraction familiale
de la faillite. Et ce salut s’appelait « La Terre ».
***
Planète
Terre, à Peaster dans l’Etat Américain du Texas,
quelque part dans l’Univers, à des centaines et des centaines
de Pals de la station de divertissement Interstellaire du système
Gastos…
Pamela Belle, plus blonde que jamais, était sur la première
marche du podium, entre ses deux dauphines. Les flashes aveuglants des
journalistes boutonneux de l’université de Peaster crépitaient
au son des applaudissements de la foule d’étudiants hystériques
venus fêter la fin de l’année scolaire.
Pamela avait réussi son rêve de petite fille : devenir
la Reine du bal de fin d’année universitaire, comme sa
mère vingt ans auparavant. La beauté pour les Belle’s
était une affaire de famille. La cadette, Lilly rose, 12 ans,
était déjà Miss Coca-cola depuis Mars. Donna, la
benjamine, était Miss Baby Doll alors qu’elle n’avait
pas atteint sa quatrième année. Même George, le
cocker à l’œil taché, avait gagné le
prix canin du Colorado…Quant à son père…il
avait été vice Mister Muscle 1978, juste derrière
un certain Arnold Schwarzenberg…
L’animateur de la soirée, quinquagénaire au dentier
splendide et sapé pour l’occasion sur son 31 tout en sky
s’approcha micro en main de la gracieuse reine du bal :
- Bravo ! Bravo Pamela ! (Applaudissements répétés
et passablement obligés de la foule) Que vous inspire en quelques
mots cette distinction de Reine du Bal ?
Pamela attendit quelques secondes avant de répondre (Le temps
d’assimiler la question). Puis d’une voix au timbre tipé
des couleurs Texane :
- Eh Bien, je suis très contente, hihihi….Je remercie mes
parents sans quoi je ne serais pas là, hihihi....et vous tous
dans la salle qui avait voté pour moi, hihihihi…Je vous
aime !!!!
- Merci, merci…Pamela pour ses mots pleins d’une sincérité
touchante !
On emmena des fleurs à la gagnante, une ancienne reine défraîchie
posa une couronne en toc sur la choucroute de Pamela, une pluie de Paillettes
multicolores se déversa sur l’estrade comme par magie et
le groupe de musiciens rebelles qui s’était tu le temps
de l’élection de la reine reprit de plus belle sa cacophonie
sonore à coups de riffs ravageurs.
Dans le cerveau de Pamela, quelques neurones motivés luttaient
pour réfléchir à une question existentielle dans
la vie de la nouvelle reine : qui serait son roi ? Elle hésitait
entre Kevin, le capitaine blond de l’équipe de football
Américain championne de Peaster-Town et Brandon, le ténébreux
charmeur de ces dames, qui outre le fait qu’il ne fut pas un sportif
accompli (seulement deuxième sur 3567 athlètes au décathlon
universitaire…) compensait par une jolie décapotable rouge
dernier modèle.
Dans la salle du banquet, les deux prétendants faisaient de petits
signes suppliants afin d’attirer à eux le cœur de
la belle. Devant se dilemme intérieur qui emplissait toute sa
concentration, Pamela eut l’intime besoin de se retrouver face
à elle-même, devant son reflet impeccable, pour prendre
une décision définitive sur ses choix amoureux. Que c’est
parfois dur d’être la plus belle ! pensa t-elle à
cet instant. Pourquoi les dieux de la grâce s’étaient
penchés sur son berceau, lui soufflant au visage la bénédiction
de traits parfaits.
Elle descendit de l’estrade, traversa la foule d’une démarche
altière puis se dirigea vers les toilettes pour Dame. Là,
elle eut une révélation tel l’oracle murmurant son
destin à Oedipe roi. « Choisis Brandon et sa voiture, ainsi
tu joindras l’utile à l’agréable sur la colline…
». Bien sûr ! pensa t-elle, la nuit est si belle, l’air
si doux, le cadre si romantique et la boîte de préservatifs
si bien calée dans mon sac à mains. Partons avec brandon
!
Ainsi, mains dans les mains, Brandon et Pamela s’éclipsèrent
en douce de la soirée, à l’insu de tous. Ils montèrent
dans l’auto puis chevauchèrent à vive allure le
paysage austère et émouvant de leur Texas natal.
Entre les nuages brumeux que crachotaient deux cheminées de centrales
nucléaires, ils se délectèrent d’un ciel
merveilleusement étoilé, remerciant le Bon Dieu d’être
citoyens des Etats-Unis d’Amérique. Quelle chance d’habiter
ce vaste Etat du Texas, si tolérant et si cultivé. Et
dire qu’ils auraient pu naître à Paris, en Espagne
! pensa Pamela. Etre obligés de parler italien tout le temps.
Quelle corvée !
Ils arrivèrent au sommet de la colline de Wanchope aux alentours
de minuit. Brandon laissa les phares allumés pour qu’ils
puissent admirer l’imprenable vue panoramique de tout le conté…bien
que le jeune homme s’intéressa pour sa part à une
toute autre vue, plus en profondeur dans le décolleté
fraîchement siliconée de Pamela…C’est au moment
où Pamela fouillait dans son sac… qu’ils virent les
lumières étranges dans le ciel. Tout d’abord trois
points roses discrets puis à mesure que les secondes passaient,
ces points devinrent rapidement aussi gros que des pièces de
monnaies. Sentant le danger tel un super héros de Comics, Brandon
essaya de démarrer mais le moteur resta silencieux, inerte à
toute tentative de départ.
Au moment où ils essayèrent, maladroits d’affolement,
d’enjamber les portes de la décapotable pour fuir dans
la forêt, un rayon lumineux d’une puissance inouï fondit
sur eux, un rayon d’une force fulgurante provenant d’un
point situé au ventre de la carlingue d’un engin volant
inconnu ressemblant à une énorme coquille d’escargot.
Ils s’immobilisèrent sur place, étrangement paralysés
et impuissants bien que conscients. A ce moment, une porte de forme
circulaire s’ouvrit d’où jaillit un long harnais
métallique en direction de Pamela. Il s’enroula fermement
autour de la jeune fille complètement terrifiée puis l’aspira
dans l’estomac aveuglant du vaisseau O.V.N.I sous les yeux exorbités
de l’apollon de pacotille…
Vaisseau de la flotte des chasseurs de Gastos, quelque part dans l’univers
entre la Terre et la station de divertissement interstellaire.
- Qu’en pensez vous mon cher Tino !? demanda un Lupus Gorkom radieux
à son jeune assistant androïde.
- Elle est vraiment indescriptible d’horreur ! L’ordinateur
ne s’est pas trompé. Les créatures de cette partie
de la planète Terre sont vraiment les plus terrifiantes de laideur…
- …Et de stupidité, Ajouta Lupus Gorkom dans un demi-sourire
baveux. Comme ça, nous la dresserons rapidement et l’exhiberons
dans moins d’une lune.
- C’est le succès garanti, Monseigneur, souffla le petit
androïde Les gens vont payer une fortune pour la voir !
- Les affaires reprennent, mon petit ami ! Les affaires reprennent…,
siffla un Lupus Gorkom visiblement ravi alors que la soucoupe volante
se dirigeait à toute vitesse vers une autre galaxie.
Fin.